NOUVELLES DU MONDE
DE L'ARCHITECTURE DE PIERRE SÈCHE
Année 2020

 

NEWS FROM
THE DRY STONE ARCHITECTURE SCENE
Year 2020

1 - « Gargas : la plus haute borie du monde s’est écroulée » / "Gargas: the fall of the world's tallest dry stone hut"

2 - Inauguration du tome 44-45 (2020-2021) de la revue L'Architecture vernaculaire

3 - Où en est la seconde édition de l'Encyclopédie de l'architcture vernaculaire mondiale (Encyclopedia of Vernacular Architecture of the World) ?

4 - Nos membres et amis publient : Les fouilles archéologiques du temple et du cimetière huguenots de Charenton, Jean-Yves Dufour dir., Paris, Honoré Champion, coll. « Vie des hugenots », 2019, 320 p.

5 - Nos membres et amis publient : Archéologie de la maison vernaculaire, ouvrage collectif sous la direction de Jean-Yves Dufour, Éditions Mergoil, 2020, 520 p.

6 - L'association Terre de garrigue et patrimoine remonte des capitelles en ruine dans le massif de la Clape à Fleury-d'Aude (Aude)

7 - Disparition de Pierre Valette, président d'honneur de la Fédération de la pierre sèche

8 - Visite guidée : « À la découverte de l'architecture des bâtiments du village de Saint-Clément-sur-Guye »

9 - Publication le 24 juin 2020 de l'arrêté de l'inscription des caves à cidre de Crénénan aux Monuments historiques

10 - Jean Courrènt fait don de sa collection de matériel apicole à l'écomusée de la Bergerie de l'Oustalet, à Fleury (Aude)

 

1 - « Gargas : la plus haute borie du monde s’est écroulée » / "Gargas: the fall of the world's tallest dry stone hut"
 

En ce début d'année, un de nos correspondants nous a signalé un regrettable événement qui s'était produit le 20 octobre de l'année écoulée à Gargas (Vaucluse) et qui avait échappé à notre attention : l'écroulement subit d'une cabane en pierre sèche toute neuve, qui venait d'être inaugurée, la « borie Gargan », appelée ainsi en raison de ses dimensions hors norme. Si la presse régionale a relaté la chose, il ne semble pas que les quotidiens parisiens en aient fait état, ni que les muraillers professionnels s'en soient fait l'écho dans leurs sites web.

On trouvera ci-dessous d'une part la relation de cet écroulement par une journaliste du Dauphiné Libéré, d'autre part des photos, trouvées sur la Toile, montrant l'édifice à divers moment de sa construction. Nous y avons ajouté une notice descriptive élaborée à partir des rares informations glanées dans la communication des bâtisseurs gargassiens dans la presse et la radio régionales.

 

 

 

Photo goodmorningirlande.fr.

Les premières assises de maçonnerie sèche le 16 septembre 2017 : au premier, une sorte de hérisson. Photo goodmorningirlande.fr.

 


 

Photo fr.ulule.com.

L'entrée après la pose du premier linteau. Photo fr.ulule.com.

 

 

Photo Radio France - Jean-Michel Le Ray.

Le pain de sucre formé par l'édifice en fin de construction.  Photo Radio France - Jean-Michel Le Ray.

 

 

L'échafaudage enserrant la construction. Photo Philippe Zittel sur stagramer.com.

 

 

Photo Radio France - Jean-Michel Le Ray.

L'intérieur avec son sol caladé, ses bancs de pierre, ses deux regards et sa niche protégée par une grille. Photo Radio France - Jean-Michel Le Ray.

 

 

Photo Radio France - Jean-Michel Le Ray.

L'intrados de la voûte encorbellée. © Radio France - Jean-Michel Le Ray.

 

 

Carton réalisé à l'occasion de la présentation au public du bâtiment achevé lors des journées du patrimoine 2019.

 

 

Photo Le Dauphiné libéré.

Les cône de décombres qui s'est formé lors de l'écroulement de la construction le 22 septembre 2019. Photo Le Dauphiné libéré.

 

 

Photo Le Dauphiné libéré.

Idem. L'édifice ne sera pas remonté. Photo Le Dauphiné libéré.

 

LE CHANTIER

Maître d'œuvre : la Maison des métiers et du patrimoine, association loi 1901 organisatrice de chantiers de remontage d'ouvrages en pierre sèche le long des chemins de randonnée.

Maître de l'ouvrage : Jean-Baptiste Peltier, coordinateur des travaux, murailler et formateur au sein de l'association, membre de la Fédération des professionnels de la pierre sèche (FFPPS).

Participants : près de 250 personnes en réinsertion ou en formation, issues du Pôle Emploi, de la Garantie Jeunes, devant être initiées au métier de murailleur.

Emplacement : site de la Maison des métiers et du patrimoine (MMP), chemin des Fournigons, hameau du Chêne, 84400 Gargas.

Début des travaux : première pierre posée en octobre 2014.

Achèvement de la construction : inauguration le 22 septembre 2019 lors des Journées du patrimoine, en présence de nombreux élus.

Financement : souscription au titre du financement participatif (2 euros la pierre) ; budget pour l'achat de pierres : 3000 euros.

 

L'ÉDIFICE

Appellation : « borie Gargan ».

Matériau : pierres calcaires provenant de Saint-Saturnin-lès-Apt ; poids total de l'édifice (fondations comprises) : 255 tonnes ; volume total de pierres : 170 m3 ; pour les seules fondations, poids de 39 tonnes et volume de 26 m3.

Nature du sol : terrain argileux

Échafaudage : recours à la technique des poutres de soutien glissées dans les murs ; après achèvement, les trous sont obstrués par des bouchons en pierre.

Morphologie : cabane en forme de « ruche d'abeilles », présentée comme « la plus haute du monde dans la catégorie conique à base circulaire » (elle fait donc 80 cm de plus que le « bòri en pain de sucre » de Manosque dans les Alpes-de-Haute-Provence).

Dimensions : hauteur : 9,80 m ; circonférence extérieure : 21 m ; circonférence intérieure : 11,40 m ; diamètre extérieur : 7,30 m ; diamètre intérieur 3,60 m ; épaisseur du mur : 1,80 m ; poids : 216 tonnes ; volume : 144 m3.

Fondations : « importantes », « une grosse tarte aux pommes, avec des pierres de 200-300 kilos ».

Aménagements intérieurs : deux fenestrons ; niche avec grille ; petits bancs de pierre ; sol caladé.

 

RÉACTIONS ET COMMENTAIRES

Des explications ont été fournies par le maître d'ouvrage au micro de France Bleu le 17 octobre 2019 : « Mardi, on a eu un événement climatique assez exceptionnel, vous avez vu ce qui s'est passé à Cavaillon, [...] des trombes d'eau qui sont tombées un petit peu sur Gargas et ses environs. Je pense qu'il y a eu un affaissement à un côté des fondations avec le sol gorgé d'eau et ça a entraîné l'ouvrage, qui est sans mortier, sans ciment, les pierres sont tombées, tout est tombé malheureusement ». [...] Il y avait 255 tonnes, on avait surdimensionné les murs en les faisant d'1,80 d'épaisseur, on avait fait une fondation de 26 m3, une grosse tarte aux pommes avec des pierres de 200-300 kilos. Après [...], je ne vois pas ce qui a pu entraîner cette chute parce qu'un bâtiment comme ça, avec cette masse de poids, ça ne tombe pas ».

Pour connaître les réactions du public sur place et dans le département, on se reportera aux articles parus dans la presse régionale (outre Le Dauphiné libéré, déjà cité, aussi La Provence du 19/10/2019).

 

PROLONGEMENTS BIBLIOGRAPHIQUES

1 - Le « cabanon pointu » de Pierre Martel à Bonnechère (Alpes-de-Haute-Provence)

L'effondrement de la cabane neuve de Gargas n'est pas sans rappeler un dénouement similaire survenu, il y a quelque 50 ans, à la première tentative de construction expérimentale d'un « cabanon pointu »  menée par l'ethnologue provençal Pierre Martel, mais alors que le volumineux cabanon gargassien a été victime d'un terrain impropre et de fondations inadéquates, celui de Bonnechère s'est effondré à mi-hauteur en raison d'une méconnaissance des règles élémentaires de la maçonnerie sèche (règles que Pierre Martel cherchait justement à retrouver). L'histoire de la cabane de Bonnechère a été évoquée dans notre « Bibliographie analytique et critique de l'architecture rurale en pierre sèche de Provence », parue dans L'Architecture vernaculaire rurale, suppl. No 2, 1980, pp. 100-102.

Cabanon pointu construit par Pierre Martel à Bonnechère (Alpes-de-Haute-Provence). Photo de Jean Laffiite

Le résultat de la deuxième tentative de construction d'un « cabanon pointu » par Pierre Martel à Bonnechère (Alpes-de-Haute-Provence). L'édifice a fêté ses cinquante ans. Photo Jean Laffitte © CERAV.

 

Constitution d'un socle de gros blocs dans l'anneau de fondation. Source de la photo : Charles Ewald, À construire vous-même, le "cabanon" romain, dans La revue des bricoleurs, bricole et brocante, No 11, septembre 1973, pp. 54-64
 

2 - La tradition de la petite architecture rustique en pierre sèche du Lot : ses dernières manifestations (1860-1975)

Pour trouver une toute première relation de vicissitudes survenues à des constructions en pierre sèche neuves à cause de leur établissement sur un sol mou, non rocheux, il faut se tourner vers l'article que nous avions écrit en 1976 pour une revue lotoise, à savoir « La tradition de la petite architecture rustique en pierre sèche du Lot : ses dernières manifestations (1860-1975) », paru dans Quercy-Recherche, No 13, août-septembre 1976, pp. 4-7. Il y est question de la construction de deux petite cabanes en pierre sèche, l'une cylindro-conique, l'autre en forme d'ogive, comme couvertures de deux puits contigus creusés dans une poche d'argile. Un dizaine d'années plus tard, les édifices étaient toujours là mais, du fait des mouvements du sol, lequel se gonfle au gel et s'aplatit au dégel, les deux chappes s'étaient déformées et il avait fallu murer leur entrée avec des planches (en attendant un possible écroulement ou une éventuelle démolition).

 

 

 

 

3 - La «capitelle » de Jean-Marie Barre dans la région de Lunel (Hérault)

Sans fondations solides et parfaitement stables, la cabane de pierre sèche la mieux construite ne peut espérer tenir debout très longtemps. C'est sans doute ce que pensait, en 2004, le peintre Jean-Marie Barre lorsqu'il dota son « cabanon pointu » de Lunel d'un anneau de fondation profond de 0,80 m et large de 1,50 m et y coula du béton sur chacun des lits de grosses pierres emboîtées remplissant la fouille. La solution du béton cyclopéen ne peut manquer de heurter le puriste mais des compromis sont parfois nécessaires pour parvenir à ses fins. Le compte rendu de cette expérience est consultable sur le présent site.

Le cabanon pointu construit par Jean-Marie Barre près de Lunel (Hérault). Photo Jean-Marie Barre.

Le cabanon pointu construit par Jean-Marie Barre près de Lunel (Hérault). Photo Jean-Marie Barre.

 

« Béton cyclopéen » (béton coulé sur des pierres jointives et bien calées) remplissant la tranchée de fondation. Photo Jean-Marie Barre.

 

2 - Inauguration du tome 44-45 (2020-2021) de la revue L'Architecture vernaculaire

Ce nouveau volume de L'Architecture vernaculaire est inauguré par Louis Cagin avec la synthèse des trois étapes de la restauration de la cabane de L'Hivernet dans les Hautes-Alpes, étapes publiées sur notre site ces dernières années.

Pour y accéder, cliquer sur le lien suivant :

Restauration de la cabane de berger de l'Hivernet à Embrun (Hautes-Alpes) (2016-2018)

 

3 - Où en est la seconde édition de l'« Encyclopédie de l'architecture vernaculaire mondiale » (Encyclopedia of Vernacular Architecture of the World) ?

Cette nouvelle édition, supervisée par Marcel Vellinga, maître-assistant à l'université Brookes à Oxford, doit paraître le 16 avril 2020 aux éditions Bloomsbury Publishing PLC, soit quelque 23 ans après la première édition de 1997 pilotée par le regretté Paul Oliver.

Il s'agit d'une édition revue et augmentée, comportant 2 millions de mots, 3 000 rubriques illustrées, plus de 30% d'apports inédits. Elle tient compte des progrès de la recherche effectués dans le domaine concerné depuis 1997.

Elle est destinée surtout aux bibliothèques et aux spécialistes en raison de sa masse (six volumes) et de son prix (1 208,61 € en souscription, 1 350,40 € à partir du 16 avril 2020).

La première édition avait été un grand succès. Gageons que la seconde, résultat d'une entreprise de longue haleine, le sera tout autant.

Bulletin de souscription ici.

 

Encyclopedia of Vernacular Architecture of the World

By  Marcel Vellinga

 

The Encyclopedia of Vernacular Architecture of the World 2nd Edition presents, in six volumes, 2 million words, and 3,000 illustrated entries, the definitive resource for the study of the world's vernacular and traditional building cultures.

This is a fully revised and expanded new edition of Paul Oliver's classic 1997 work - moving from three volumes to six, updated throughout, and with over 30 percent entirely new material. A major development in the field of vernacular architecture studies, this new edition reflects the considerable growth in research in the field since the first edition, and its expanded, newly-comprehensive geographical scope captures two decades concerted effort to document and understand the world's fast-disappearing traditional building cultures.

The majority of the world's population still live, work, and worship in vernacular buildings - locally-specific forms of architecture which are rooted in community, place and tradition. This encyclopedia reveals the remarkable diversity, richness, and ingenuity of those buildings and their significance in the global story of architecture.

The first two volumes focus on the theories, principals and philosophy that underpin the study of vernacular architecture, capturing the most up-to-date theoretical approaches and exploring general architectural and cultural themes such as symbolism and decoration, materials and technologies, environment and sustainability. The following four volumes then cover in detail the buildings of over 1,000 different cultures across the globe - arranged geographically with each volume representing one of four major global regions. Rich with photographs, drawings, diagrams and maps, entries detail social, cultural, and environmental factors alongside the architectural works of each culture.

International and interdisciplinary in approach, this monumental work will be an inspiration and unrivalled resource for architects, anthropologists, folklorists, geographers, art historians, builders, and planners, as well as anyone involved in heritage conservation, regeneration, energy efficient building, development and sustainability. Generously illustrated with photographs, line drawings, plans and maps, it is also supported by a multi-lingual lexicon, a glossary, and comprehensive bibliography.


Format: Hardback
Publication date: 16 April 2020
Publisher: Bloomsbury Publishing PLC
Imprint: Bloomsbury Academic
Publication: City/Country London, United Kingdom
Language: English
Edition Statement: 2nd ed.
ISBN10 1472592735
ISBN13 9781472592736

 

4 - Nos membres et amis publient : Les fouilles archéologiques du temple et du cimetière huguenots de Charenton, Jean-Yves Dufour dir., Paris, Honoré Champion, coll. « Vie des hugenots », 2019, 320 p.

Jean-Yves Dufour, qui est archéologue médiéviste et moderniste à l’Institut national de recherches archéologiques préventives (INRAP), nous signale la parution, sous sa direction, d'un ouvrage faisant le bilan des fouilles archéologiques menées sous sa direction au temple et au cimetière protestants de Charenton, haut lieu de la présence calviniste en France entre l'Édit de Nantes en 1598 et sa révocation en 1685. 

La fouille et l’étude des vestiges anthropologiques ont été menées par Cécile Buquet-Marcon, anthropologue dans le même institut, tandis que les paléopathologies de la population inhumée ont été étudiées par Djillali Hadjouis, paléontologue et paléoanthropologue, rattaché au Service archéologie du Conseil départemental du Val-de-Marne.

Présentation de l'ouvrage

Charenton hébergeait le temple phare de la communauté huguenote française. Son cimetière est celui des huguenots parisiens sous l’Édit de Nantes. Parce que leur attitude face à la mort oppose catholiques et protestants aux XVIe et XVIIe siècles, les cimetières sont sujets de conflit entre les deux communautés. Calvin recommande des funérailles honnêtes (1), mais que recouvre ce terme ?

Charenton – aujourd’hui situé sur la commune de Saint-Maurice (Val-de-Marne) – est le premier cimetière protestant en France à bénéficier d’une opération de fouille archéologique et d’une étude anthropologique poussée (2). Aussi pouvons-nous saisir la pratique réelle des sépultures protestantes du XVIIe siècle, le rituel et les pathologies de cette population dite privilégiée.

La culture matérielle liée à la pratique funéraire est dévoilée et comparée à celle d’autres cimetières de l’époque moderne. Des hypothèses sont proposées sur la proximité du temple.

NDLR :
(1) c'est-à-dire sans pratiques considérées comme superstitieuses (pierre tombale, prêche au cimetière, offrande).
(2) Son recrutement funéraire concerne la communauté huguenote de Paris (et peut-être d'ailleurs) sur une période de 80 ans, allant de 1606 à 1685. La fouille, qui n'a concerné que la partie occidentale du cimetière, a permis d'identifier 163 sépultures individuelles, 1 sépulture double et 7 ossuaires. Toutes les classes d'âge sont représentées et la population enfantine totalise, au sein de l'ensemble des inhumés, environ un tiers d'individus immatures.

Site de l'éditeur

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Articles de Jean-Yves Dufour dans le présent site

Des loges de jardinier pour quoi faire ? (What were these gardener's sheds for?), L'architecture vernaculaire (en ligne), tome 34-35 (2010-2011), 25 avril 2011

Étude du bâti de l'auberge du Grand Cerf à Neuilly-sur-Marne (Seine-Saint-Denis) (A study of the architecture of the "Grand Cerf" inn at Neuilly-sur-Marne, Seine-Saint-Denis), L'architecture vernaculaire (en ligne), tome 36-37 (2012-2013), 27 novembre 2012

avec Marie-Anne Bach,Une maison villageoise du XVIIIe siècle observée à Roissy-en-France (Val-d’Oise) (Survey of an eighteenth-century village house at Roissy-en-France, Val-d’Oise), L'architecture vernaculaire (en ligne), tome 38-39 (2014-2015), 12 mars 2014

La maison neuve d'un marchand de vin de la fin du XIXe siècle à Neuilly-sur-Marne (Seine-Saint-Denis) (The new house of a late 19th-c. wine merchant at Neuilly-sur-Marne, Seine-Saint-Denis), pierreseche.com, 15 janvier 2015

Observations du bâti de la grange de la ferme du Bois Briard à Courcouronnes (Essonne) (Investigating the structure of the barn of the Bois Briard farmstead at Courcouronnes, Essonne), L'Architecture vernaculaire (en ligne), tome 40-41 (2016-2017), 4 mars 2017

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PROLONGEMENTS CARTOPHILIQUES

Cartes postales anciennes représentant les deux premiers temples protestants de Charenton

Carte postale ancienne représentant le premier temple protestant de Charenton, construit en 1606, détruit en 1621 (estampe de Pérelle).

 

Carte postale ancienne représentant l'extérieur du deuxième temple protestant de Charenton.

 

Carte postale ancienne représentant l'intérieur du deuxième temple protestant de Charenton.

 

Carte postale ancienne représentant la démolition du deuxième temple protestant de Charenton en 1685.

 

5 - Nos membres et amis publient : Archéologie de la maison vernaculaire, ouvrage collectif sous la direction de Jean-Yves Dufour, Éditions Mergoil, 2020, 520 p.

Jean-Yves Dufour est aussi  le directeur d'un ouvrage collectif consacré à l'« archéologie de la maison vernaculaire », paru aux éditions Mergoil. Ce livre  est l'aboutissement d'un projet lancé en 2014 et ayant connu diverses péripéties avant d'aboutir grâce à la persévérance de son directeur. Il témoigne de l'évolution importante que constitue l'irruption de l'archéologie préventive, avec ses techniques de fouilles et sa stratigraphie du bâti, dans le champ de l'architecture vernaculaire urbaine et rurale.

On trouvera ci-dessous le texte de la présentation éditoriale,  la couverture et le sommaire.

Présentation éditoriale

Dans le prolongement des travaux des géographes, historiens, architectes et ethnologues, les archéologues travaillant sur les habitats anciens conservés en élévation, sont, depuis une quinzaine d’années, sortis de l’étude des châteaux pour étendre leur champ d’observation à la maison vernaculaire.

L’ouvrage regroupe vingt articles, issus de l’archéologie préventive ou programmée, faisant le point sur l’état d’une recherche récente. En France, plusieurs grandes fermes ont fait l’objet de fouilles et d’études. Ce recueil publie les données de plusieurs de ces sites fouillés en Champagne, Normandie, Vivarais. Ces fermes sont l’habitat de riches laboureurs. Les maisons plus modestes d’artisans, d’ouvriers, de commerçants et l’habitat des pauvres, demeurent peu et mal connus. La recherche reste à développer sur ces maisons et leurs regroupements, et même les villes.

Les questions des influences économiques et culturelles, des programmes architecturaux et des matériaux de construction localement disponibles sont abordées. Pour élargir l'analyse, des comparaisons sont apportées par des articles traitant de sites en Belgique, en Albanie et au Canada.

Sommaire

Préface, Jean-René Trochet

Introduction Jean-Yves Dufour

- L’étude archéologique de la ferme de Clastre à Sainte-Eulalie (Ardèche). Premier bilan (2014-2015). Pierre-Yves Laffont en collaboration avec Christian Le Barrier

- Chasselay (Rhône), rue des Sabotier Chantal Delomier et Christian Le Barrier. 

- L’îlot Juiverie de Saint-Paul-Trois-Châteaux (Drôme) Chantal Delomier

- Maison Daguerre, quartier Saint-Jean, Thiers (Puy-de-Dôme) Chantal Delomier.

- Exploitations agricoles et constructions vernaculaires dans un paysage de garrigues du xvie s. au xixe s. Frédéric Raynaud

- Bastides et bâtiments agricoles d’époque moderne – Hameau des Fédons à Lambesc (Bouches-du-Rhône). Frédéric Raynaud

- Deux maisons de petits fonctionnaires seigneuriaux à Orly (Val-de-Marne). Jean-Yves Dufour et Jean-Jacques Péru.

- La « ferme de Thais » à Sorigny (Indre-et-Loire) – Fouille archéologique du bâti d’un ensemble médiéval. Marie-Denise Dalayeun.

- Habiter et exploiter une ferme dans le Bocage virois : la ferme de la Ruaudière à Neuville (xve-xixe s.). Hélène Dupont, Gaël Léon, Stéphanie Dervin et Eva Bisson.

- Évolution et mutation d’une ferme de la plaine crayeuse de Troyes du xive au xixe s. : la ferme du « Crot Touillon » à Feuges (Aube). David Gucker, avec les contributions de Millena Frouin, Claire Pilliot, Pierre Mathelart et Michaël Brunet. 

- La maison rurale dans le nord-est parisien, aperçu archéologique : un travail en cours. Ivan Lafarge.

- La Maison Blanche, une ferme-auberge de la fin du xviiie et du xixe s. à Cesson (Seine-et-Marne), ville nouvelle de Sénart. Jacques Legriel, Luc Daguzon et Olivier Bauchet .

- L’observation des maisons anciennes dans le Val-d’Oise, la Seine-Saint-Denis et la Seine-et-Marne dans les années 1980 : de quelques fermes de charpente visibles en pignon. Christian Lassure.

- De la masure au corps d’hôtel : morphologie et sociologie de l’habitat à Roissy-en-France (xviiie s.). Marie-Anne Bach.

- La ferme moderne du Cassantin à Parçay-Meslay (Indre-et-Loire). Matthieu Munos, Jean-François Coquery, Alexandre Fontaine, S.bastien Millet et Isabelle Pichon .

- La maison vernaculaire en Flandre rurale (xiiie-xixe s.) et l’exemple de la ferme abbatiale de « Ter Hille » à Coxyde (Flandre occidentale, Belgique. Alexander Lehouck et Jan Van Acker.

- La Cense del Tour, à Haillot, et la Cense de Monia, à Tahier : archéologie de deux fermes des temps modernes en Condroz namurois (Belgique) (xvie-xviiie s.). Raphaël Vanmechelen et Marie Verbeek.

- Maisons en pierre, maisons en pan de bois dans les campagnes d’Alsace aux xve et xvie s. Marc Grodwohl.

- La maison fortifiée du Nord de l’Albanie. Silda Kotolloshi.

- Un domaine agricole en Nouvelle-France : le site LeBer à l’île des Sœurs. Hélène Côté

Conclusion. Jean-Yves Dufour.

Site de l'éditeur

6 - L'association Terre de garrigue et patrimoine remonte des capitelles en ruine dans le massif de la Clape à Fleury-d'Aude (Aude)

Jean Courrènt, spécialiste de l'architecture apicole et collaborateur du CERAV, nous a fait parvenir un article du journal L'Indépendant du 26 mai 2020 relatant la remise en état , dans le massif de la Clape, d'un groupe de parcelles recélant  les ruines d'anciennes capitelles et la reconstruction de ces dernières. Cet ensemble viendra enrichir le patrimoine architectural de Fleury-d'Aude.

7 - Disparition de Pierre Valette, président d'honneur de la Fédération méridionale de la pierre sèche

Pierre Valette, qui fut délégué pour le Gard puis président de la Fédération de la pierre sèche (aujourd'hui disparue) dans les années 2000, est mort en mars 2020 à l'âge de 83 ans. Je l'avais rencontré au deuxième colloque de la Fédération méridionale de la pierre sèche au Puy-en-Velay les 3 et 4 juin 2000 et nous avions sympathisé étant tous deux professeurs d'anglais en plus de partager le même intérêt en dehors de notre profession commune. Comme il était directeur de la revue Patrimoine 30, il m'avait invité à publier, dans le numéro de janvier 2003, un article sur les noms des cabanes en pierre sèche. Lui-même avait publié, dans La Lettre du CERAV de septembre 2001, une présentation des « Capitelles du circuit des Anglades à Saint-Étienne-de-l'Olm et Saint-Hippolyte-de-Caton, communication qu'il avait faite aux journées d'étude du CERAV à Anduzes en 2000.

Sa disparition, qui s'ajoute à celles de Michel Garnier, Jean Laffitte, Jean-Luc Obereiner, Michel Rouvière ces dernières années, prive le monde des spécialistes de l'architecture de pierre sèche d'un de ses membres marquants.

Christian Lassure

 

Assis au premier rang, à droite, Pierre Valette (en chemise bleue) écoute Dominique Comtat présenter son film « Paroles de Pierres » lors de la  Rencontre sur la pierre sèche qui s'est tenue le vendredi 8 mai 2009 à Rochefort-du-Gard (photo de Jean Laffitte).

Nous reproduisons ci-dessous l'annonce parue dans Le Midi Libre du 30 mars 2020.

Pays viganais : disparition de Pierre Valette

"Sa vie était remplie de multiples passions auxquelles il consacrait tout son temps libre. À partir du moment où il s’intéressait à quelque chose, il était incapable de ne pas s’y investir totalement, sans la moindre réserve", se souvient Lise, la fille de Pierre Valette, qui vient de décéder à l’âge de 83 ans.

En pays Viganais, Pierre Valette laissera le souvenir d’un homme très engagé, notamment au centre culturel du Bourilhou, dont il était président d’honneur et où il organisa nombre de salons du livre, de rencontres culturelles diverses et de conférences.

Le patrimoine était également l’une des grandes passions de ce prof d’anglais qui exerça dans le Gard, en Lozère et en Aveyron. Les constructions en pierres sèches n’avaient plus de secret pour lui, mais le patrimoine romain lui parlait tout autant, lui qui obtint une thèse en histoire romaine alors qu’il avait déjà une quarantaine d’années.

Pierre Valette présida d’ailleurs la Fédération archéologique et historique du Gard. Membre du Club cévenol, protestant enraciné, Pierre Valette avait les Cévennes chevillées au cœur.

C’est toutefois dans le cimetière de Saint-Etienne-de-l’Olm, berceau de sa famille, qu’il reposera.

Père de trois filles et de sept petits-enfants, Pierre Valette laisse aussi orphelins tous ceux qui, un jour ou l’autre, ont pris part à une de ses mille et une activités associatives.
 

 

8 - Visite guidée : « À la découverte de l'architecture des bâtiments du village de Saint-Clément-sur-Guye »

L'Association de sauvegarde et de mise en valeur de Saint-Clément-sur-Guye vous propose une visite guidée : « À la découverte de l'architecture des bâtiments du village de Saint-Clément-sur-Guye » samedi 27 juin 2020 à 14 h

Rendez-vous au parking à l'entrée du bourg - Nombre limité de participants - Réservation indispensable.

Comme beaucoup de villages en promontoire, Saint-Clément-sur-Guye s'est développé autour de l'église, selon un schéma radio-concentrique. Le système viaire est constitué de petites rues et de ruelles relativement étroites, donnant lors de la déambulation une impression d'intimité au promeneur. Le caractère du village provient de multiples détails de mise en œuvre de matériaux et de la profusion des formes architecturales. C'est ainsi que cette combinaison de micro-lieux, qui apporte un caractère fort et singulier au village, incite au parcours et à la découverte.

Georges Fouchet
président de l'Association de sauvegarde et de mise en valeur de Saint-Clément-sur-Guye

Site sur la Toile : http://www.stclement-patrimoine.org

Adresse de courriel : asso.sauvegarde.st.clement@gmail.com 

Tél. : 06 87 79 41 58

 

9 - Publication le 24 juin 2020 de l'arrêté de l'inscription des caves à cidre de Crénénan aux Monuments historiques

M. Jean Le Gall nous apprend que les caves  à cidre de Crénénan sont désormais officiellement inscrites aux monuments historiques à compter du 24 juin 2020. C'est là le couronnement des efforts déployés par notre collaborateur depuis le milieu des années 1980.

Malheureusement, nous avons aussi appris qu'il avait eu, avec sa compagne, un grave accident de voiture, lequel vient ternir la joie suscitée par l'inscription aux MH. À tous les deux nous souhaitons un prompt rétablissement.

 

 

Crénénan, avril 1996 : reconstruction de la cave à cidre No 4 à l'emplacement de l'ancienne cave rasée en 1995. Gilles Fichou, armé d'un têtu-pic, est à l'œuvre. © Jean Le Gall.

 

10 - Jean Courrènt fait don de sa collection de matériel apicole à l'écomusée de la Bergerie de l'Oustalet, à Fleury  (Aude)

 

Quelques photos

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


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Le 3 juillet 2020 / July 3rd,  2020

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