ARCHITECTURE VERNACULAIRE

ARCHIVES D'ARCHITECTURE VERNACULAIRE

MÉTAIRIE À NEF ET BAS-CÔTÉS ENTRE FLEURANCE ET SAINT-CLAR (GERS)

A Sharecropper's Aisled House Between Fleurance and Saint-Clar, Gers

Christian Lassure

Il existe dans les régions de Fleurance, Gimont et Lombez, dans l'est du département du Gers, des maisons à façade en pignon, ordonnées en profondeur et regroupant sous le même toit les fonctions d'habitation et d'exploitation. Ces "maisons-bloc", pour reprendre l'expression du géographe Albert Demangeon, sont en règle générale d'anciennes métairies (ou bordes), construites par de riches propriétaires pour leurs métayers. Elles suivent un plan basilical (une nef et deux bas-côtés) avec porche ou auvent central dans œuvre sous pignon. Le porche commande la salle commune, un bas-côté étant réservé à l'étable et l'autre aux chambres.

En 1981, nous avons examiné un exemple de ce type de maison, alors à  l'abandon, en bordure de la D. 953 entre Fleurance et Saint-Clar. En plan, il s'agit d'un vaste parallélépipède de 18,50 m de largeur (en pignon) sur 23,50 m de profondeur (en gouttereau), sous une bâtière surbaissée couvertes de tuiles canal et avec pan coupé sur la partie arrière. 

   

La partie gauche de l'édifice, abritant, de droite à gauche, une chambre (1re et 2e fenêtres), une pièce d'habitation à entrée indépendante en gouttereau (porte et 3e fenêtre), et le chai (4e fenêtre). 

La souche de cheminée correspond à la salle commune occupant la nef.

   

Le pignon-façade avec son auvent charpenté axial. 

Le mur fait un décrochement de façon à ménager un vaste renfoncement de 5,50 m de largeur sur 3 m de profondeur, protégé par la toiture soutenue par une ferme de charpente..

Le pignon-façade est encadré par deux appentis à étage dans le prolongement des bas-côtés.

A l'arrière-plan, le sommet du toit d'un hangar agricole.

 

   

L'auvent charpenté axial et l'appentis à étage du côté gauche.
   

L'auvent axial charpenté.

L'étage, en pan de bois, repose sur un solin de maçonnerie faisant la hauteur du rez-de-chaussée (2,36 m).

Les ouvertures au rez-de-chaussée sont, de gauche à droite, l'entrée de la chambre, l'entrée et la fenêtre de la salle commune, l'entrée de l'étable-écurie.

   

La ferme de charpente de l'auvent.

Sur l'entrait s'emboîte un poinçon court qui porte la panne faîtière et en tête duquel s'assemblent deux arbalétriers raidis par des contrefiches et par des jambettes obliques au droit des pannes latérales.

Hauteur de l'entrait depuis le sol : 4,10 m; hauteur de la faîtière depuis le sol : 5,50 m).

   

La porte d'entrée de la salle commune sous l'auvent.

Montants en pierres de taille, linteau en bois.

   

L'appentis dans le prolongement du bas-côté de droite, avec en bas, la soue, en haut, le poulailler.
   

L'entrée du poulailler avec ses montants en pierre de taille et son linteau en bois.

A gauche, petite ouverture au carré et pierre d'envol.

   

La partie arrière de l'édifice sous son toit en queue d'hirondelle. 

Elle abrite, de droite à gauche, le chai (fenêtre et porte axiale à deux vantaux) et l'arrière de l'étable (porte à deux vantaux).

   
L'homogénéité du rez-de-chaussée de l'édifice (pas de traces de restauration, de reprises, etc.), jointe aux caractéristiques des encadrements de baies (rectangularité, linteaux en bois), postule un XIXe siècle tardif. Il n'est pas exclu, toutefois, que le rez-de-chaussée n'ait pas été à l'origine en colombage comme la partie haute de l'auvent.
 

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© Christian Lassure - CERAV

Le 6 avril 2005 / April 6th, 2005 - Complété le 29 septembre 2007 / Augmented on September 29th, 2007

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