ANALYSE DE BÂTIMENTS ANCIENNEMENT VERNACULAIRES

VISIBLES DANS DES CARTES POSTALES ANCIENNES

Analysing formerly vernacular buildings appearing in old postcards

 

Christian Lassure

 

Les  cartes postales du début du XXe siècle constituent un témoignage sur la physionomie de l'architecture rurale et urbaine de l'époque d'autant plus précieux que les destructions ou les transformations infligées aux bâtiments depuis plus d'un siècle ont oblitéré ou défiguré ceux-ci. Ainsi, on cherchera vainement, aux environs d'Auvers-sur-Oise dans le Val-d'Oise, les couvertures de chaume qui avaient attiré l'attention  des photographes et des éditeurs de cartes postales des années 1900 (après celle des peintres, notamment van Gogh, qui avaient fréquenté cette région dans les dernières décennies du XIXe siècle). Devenues minoritaires, les chaumières avaient cessé d'être « vernaculaires » au profit de la couverture en tuiles plates. Il en va de même des bergeries courbes et de leur parc dans les Landes ou encore des maisons à cohabitation de l'homme et du bétail dans une même pièce en Bretagne et en Savoie. Ces particularités étaient alors en passe de se raréfier et de perdre toute justification à mériter le qualificatif de « vernaculaires » (1).

Le spécialiste d'architecture vernaculaire qui examine ces cartes postales ne manque pas d'y repérer des bâtiments et des dispositifs aujourd'hui disparus : maison en hauteur du vigneron ou de l'artisan avec son escalier extérieur ; maison à nef et bas-côtés du métayer ; grangeon éloigné du village avec son aire à dépiquer le blé ; cour intérieure d'une grande ferme avec son tas de fumier, son puits à treuil ou à balancier et son abreuvoir ; pieds de vigne grimpante sur une façade bien exposée ; échelle extérieure accolée à l'entrée d'un fenil, etc. La comparaison entre l'état en 1900 et l'état contemporain permet de voir ce qui, en un peu plus d'un siècle, a été supprimé ou modifié.

L'intérêt qu'il y a à disposer de l'apport documentaire des cartes postales de l'âge d'or n'échappe pas, en particulier, à l'archéologue de sauvetage lorsqu'il doit faire, par exemple, le relevé et l'analyse architecturale d'une grande ferme francilienne à l'abandon avant sa réaffectation et sa rénovation.

On trouvera ci-dessous trente-sept descriptions de cartes postales (ou de photos privées ou encore de gravures pour certaines) dénichées sur la Toile et témoignant d'un monde disparu. Le texte qui accompagne chaque photo met en relief les éléments anciennement vernaculaires qui y figurent.

 

1 - MAISON EN HAUTEUR À BUTRY (VAL-D'OISE)

Carte postale noir et blanc des années 1900.
Le recto porte, en haut, au centre, la légende « 7. BUTRY – Une Chaumière », et dans l'angle supérieur droit les initiales « G. D. ».
Au verso, sous l'inscription « CARTE POSTALE », court un filet vertical double séparant « Adresse » à droite et « Correspondance » à gauche. Le nom de l'éditeur s'inscrit parallèlement au bord gauche du verso : G. Delarue, édit. Valmondois. Deux tampons de la poste d'Auvers-sur-Oise donnent 09 (= 1909) comme date (avant 1948, la commune de Butry n'était qu'un hameau d'Auvers-sur-Oise ; elle est, depuis 1948, une commune à part entière).

Cette carte recèle un petit trésor : une maison en hauteur, c'est-à-dire à pièce d'habitation unique sur cave, avec escalier extérieur en gouttereau et couverture de chaume entre les rampants rehaussés des pignons. Le pan de chaume se prolonge en rive pour former une sorte d'auvent porté par un baliveau horizontal soutenu par une équerre en bois à droite et un poteau fourchu à gauche. L'escalier est en grandes dalles calcaires soigneusement taillées ; les marches du bas sont très usées. Un arrosoir y gît, la pomme en bas. Dans l'angle du pignon, s'ouvre la baie d'un fenil ou grenier, auquel on accède par une haute échelle en bois des plus raides. Dans la cour, se dresse un puits couvert, tout en pierres taillées, dans l'ouverture duquel se dessinent une poulie en fer et sa chaîne. Aucune trace d'une souche de cheminée, le chaume est en train de se détricoter, ce qui laisse penser que la maison n'est plus habitée.

On a là un concept ancien, autrefois répandu en maintes régions de France et lié souvent à la culture de la vigne.

 

2 - MAISON EN HAUTEUR À AUVERS-SUR-OISE (VAL-D'OISE)

Carte postale noir et blanc des années 1900.
Au recto : en haut vers la gauche, l'inscription 3574. AUVERS − Les Chaumières, et quelques espaces plus loin les initiales  E. M. (pour Etablissements Malcuit)
Au verso : sous l'en-tête CARTE POSTALE, un filet vertical double sépare la partie Correspondance (à gauche) de la partie Adresse (à droite) ; sous cette dernière, on trouve l'inscription E. Malcuit, phot-édit. Paris.

La ville d'Auvers-sur-Oise est connue pour ses chaumières immortalisées par Vincent van Gogh lors de son séjour sur place en 1890 mais aussi par une demi-douzaine de cartes postales des années 1900 représentant des quartiers de l'époque où se dressaient encore des maisons au toit aigu, couvert de chaume. Il ne faut pas espérer voir aujourd'hui la grande chaumière qui occupe la partie droite de la carte : Auvers a perdu ses toits de chaume depuis belle lurette.

On note que cette maison à étage d'habitation sur cave et à escalier extérieur en pignon a tout à fait l'aspect d'une ancienne maison de vigneron, hypothèse d'autant plus vraisemblable qu'il y avait de la vigne localement ainsi que l'atteste une des toiles de van Gogh, Vineyards at Auvers, peinte le 13 juin 1890 et conservée au musée d'art de Saint-Louis aux États-Unis. D'après la position de la souche de cheminée, l'étage comprend deux pièces, dont une chauffée, correspondant sans doute aux deux étroites fenêtres visibles en gouttereau. Il se pourrait bien que la moitié gauche de la maison soit une adjonction à une maison à étage originellement à pièce unique.

Dans une deuxième carte postale du même endroit, notre maison vigneronne est prise en hiver, les pampres des trois pieds de vigne qui occultaient le gouttereau sur rue ont disparu, mettant complètement à nu le mur d'espalier. On remarque que les rampants du pignon sont légèrement rehaussés par rapport au chaume de couverture, dispositif observable également sur une chaumière figurant sur une carte postale de l'ancien hameau de Butry. L'accès à chacune des deux parties du rez-de-chaussée utilitaire se fait par une entrée fermée par une porte en bois. Le bâtiment étant construit perpendiculairement à la pente, on peut penser que le gouttereau arrière a ses accès au niveau de l'étage.

 

3 - MAISON EN HAUTEUR À DOLLEREN (HAUT-RHIN)

Carte postale en noir et blanc de la première décennie du XXe siècle.
Au recto : en haut à droite, 614. - Haute-Alsace. - DOLLERN. - Maison Alsacienne.
Au verso : dos divisé ; en bas à gauche : Visé Belfort, 464 ; en bas à droite : Chadourne, Faubourg de France, Belfort.
Le nom actuel de cette commune du Haut-Rhin est Dolleren.

L'escalier extérieur et la galerie couverte longeant le gouttereau de cette maison villageoise sont le signe que la fonction d'habitation est dévolue à l'étage, les fonctions agricoles ou artisanales étant confinées au rez-de-chaussée. On a là la version alsatienne de la maison haute. La césure barrant verticalement le versant du toit correspond à l'extension en longueur de la partie de gauche. La flèche d'un balancier de puits et sa barre de préhension s'observent au-delà du pignon arrière.

 

4 - ENTRÉE DE LA COUR DE FERME DU 48, RUE DE TORCY (PARIS, 18e)

Carte postale noir et blanc des années 1900.
Au recto : en haut à droite, l'inscription PARIS D'AUTREFOIS (nom de la collection) ; en bas à gauche, le numéro de la carte dans la collection : 85 ; en bas au centre, l'adresse Rue de Torcy, 48  et la légende Cour de ferme originale construite en 1726.
Au verso : dos divisé par un filet vertical en une partie Correspondance à gauche et une partie Adresse à droite, sous l'intitulé centré CARTE POSTALE ; un petit médaillon en tête du filet porte, sur trois niveaux, l'inscription PHOTOTYPIE / PARIS / BAUDINIERE (il s'agit de G. Baudinière, éditeur de cartes postales à Rueil).

Au XIXe siècle, Paris intra-muros comportait de très nombreuses fermes. La ferme de la rue de Torcy (2), dans le 18e arrondissement, était l'une d'elles. Son haut porche d'entrée, avec ses deux chasse-roues, est censé permettre le passage de charrettes chargées de paille ou de foin, comme celle qui est garée dans la cour, sur la droite. Une soupente est aménagée au-dessus du porche comme l'indique la baie fermée par un volet à un battant. Les montants de l'entrée sont en pierres taillées, bien visibles à gauche. Un enduit de plâtre recouvre le montant de droite et la façade extérieure de la soupente (le linteau en bois n'est pas visible). La cour est entièrement pavée ainsi que l'espace devant le porche.

La ferme de la rue de Torcy est disparue depuis longtemps mais il nous a semblé reconnaître la petite baie de la soupente dans la façade de la maison actuelle au numéro 42. Le porche, muré, aurait été incorporé dans la dite maisonnette.

 

5 - LA COUR DE LA FERME FAYEL À BAILLET-EN-FRANCE (VAL-D'OISE)

Carte postale noir et blanc des années 1900.
Au recto, en haut à gauche, BAILLET (S.-et-O.) -- Vue intérieure de la Ferme Fayel ; en bas à droite : Edit Vast, tabac ;
Au verso : inscription CARTE POSTALE au-dessus de la mention « Tous les pays étrangers n'acceptent pas la correspondanc au recto (Se renseigner à la Poste) ». Dos divisé en deux parties, CORRESPONDANCE et ADRESSE ; en bas, à droite, Edit Cosson, 8 , rue Pierrre Chausson.

Cette grande ferme à cour fermée se trouve au Fayel, un hameau de Baillet-en-France (aujourd'hui dans le Val-d'Oise). Les bâtiments occupant deux cotés consécutifs de la ferme servent de décor à une scène animée, au centre de laquelle se trouve un cheval à l'abreuvoir. Cet abreuvoir est un équipement tout récent, en tôle rivetée, qui a remplacé l'ancien abreuvoir en pierre, à côté duquel il a été installé.

Les bâtiments à la fonction identifiable sont, de gauche à droite, une vaste grange, vraisemblablement à nef et bas-côtés,  une remise dont la haute entrée dans le pignon devait permettre l'accès de charrettes de foin, un pigeonnier de pied, circulaire, indépendant, avec deux  niches à chien jumelles. La cour, du moins aux alentours de l'abreuvoir, est pavée. Aucun fumier n'est visible dans cette partie de la cour.

En 2019, la ferme est toujours en activité, au 96, rue Jean Nicolas, à Baillet-en-France.

 

6 - COUR D'UNE FERME DU BERRY AU MILIEU DU XIXe SIÈCLE

Gravure tirée de l'article « Les deux fermes » publié dans la revue Le Magasin Pittoresque, 27e année, 1859, pp. 59-61.
Légende : Une Ferme du Berry. − Dessin de Lambert.

On distingue, à gauche, une maison d'habitation qui est encore une chaumière, et, à droite, une grange reconnaissable à son porche extérieur au toit en bâtière. Au premier plan, sur la droite, on reconnaît un abreuvoir en pierre à côté d'un puits au treuil actionné par une manivelle.

Cette gravure est accompagnée d'un commentaire de tonalité hygiéniste : « La ferme du Berry est un type que l'on rencontre encore partout. Les toits sont en chaume, une étincelle peut les enflammer. (...) Le fumier, cette source de toutes richesses, négligemment amoncelé au milieu de la cour, est lavé par la pluie, remué sans cesse par la volaille, desséché, brûlé par le soleil. (...) La maison d'habitation, si on peut appeler ainsi cette masure, ouvre sa porte et son unique fenêtre mal close sur la basse-cour ».

 

7 - LUCARNES D'UNE ANCIENNE MAISON

DU VILLAGE DE LA CHAPELLE SAINTE-GENEVIÈVE (PARIS, 18e)

Carte postale noir et blanc des années 1900.
Au verso : un filet double sépare la partie Correspondance à gauche de la partie Adresse à droite, sous l'en-tête CARTE POSTALE ; le long du bord gauche, courre l'inscription M. Le Deley, imp.-édit, 127, Boulevard de Sébastopol, Paris.
Au recto : dans la partie haute, à gauche, la collection à laquelle appartient la carte ainsi que son numéro : PARIS D'AUTREFOIS / 32. ; au centre, l'adresse : Rue de la Chapelle, 28, au-dessus de la légende : Curieuses lucarnes en maçonnerie d'une ancienne maison du village de la Chapelle Sainte-Geneviève / (Les gouttières passent devant les croisées) ; le sigle de l'éditeur, E.L.D, est imprimé dans l'angle inférieur droit.

Si cette ancienne maison du village de la Chapelle Sainte-Geneviève existait encore aujourd'hui, elle se trouverait dans la rue Marx-Dormoy, nom donné en 1945 au tronçon sud de la rue de la Chapelle, dans le 18e arrondissement de Paris.

Le photographe a été frappé par l'aspect insolite de la gouttière en zinc passant devant la croisée (ou baie) des deux lucarnes pendantes qui sont placées à l'aplomb de la façade et dont l'embrasure descend en dessous de la toiture. Cette gouttière marque simplement une amélioration urbaine par rapport à la simple moulure de plâtre soutenant la rive saillante du toit : l'eau de la toiture, au lieu de verser directement sur les passants, est recueillie par la gouttière et canalisée vers un tuyau de descente. Selon les architectes Georges Doyon et Robert Hubrecht, auteurs de L'architecture rurale et bourgeoise en France (édition revue et corrigée de 1979), ce type de lucarne s'observait fréquemment dans les fermes de l'Île-de-France : façade à fronton triangulaire et joues en maçonnerie, le tout enduit de plâtre, sous un toit à deux versants de tuiles plates, une bande de plâtre étant plaquée contre les rampants. Après quarante ans et plus d'abandon, de destruction et de rénovation, il est douteux que cela soit toujours le cas.

Sur une gravure de la fin du XVIIIe siecle – BESENVAL CONDUIT DANS UN VIEUX CHATEAU FORT, A BRIE COMTE-ROBERT, le 10 aoust 1789.  –, on aperçoit, sur la toiture d'une maison basse à façade en gouttereau, deux lucarnes identiques à celles photographiées sur la maison de l'ancien village de la Chapelle Sainte-Geneviève (3). La rive du versant ne comporte toutefois aucune gouttière.

Gravure mise en ligne dans Wikimedia Commons.

 

8 - LA GRANGE DU COMTE LÉJEAS À AISEREY (CÔTE-D'OR)

Carte postale noir et blanc des années 1900.
Au recto : en haut, vers la droite : 7. AISEREY (Côte-d'Or) / Propriété du Comte Léjeas (Ferme Fleury) ; dans l'angle inférieur droit : Esch, éditeur.
Au verso : dos divisé verticalement en deux parties, Correspondance à gauche, Adresse à droite, par un double filet sous le titre centré CARTE POSTALE et l'avertissement « Tous les pays étrangers n'acceptent pas la correspondance au recto (se renseigner à la poste) » ; en bas, vers la gauche : Imp. E. Le Deley, Paris.

Pour la photographie de la cour de la ferme, on a sorti tous les attelages, charrettes, chariots et instruments aratoires. Le personnel, masculin comme féminin, prend la pose. Au milieu de cet encombrement, surgit, sur la droite, le pivot fourchu d'un puits à balancier. La toile de fond de ce spectacle est constituée par le majestueux pignon-façade en pierre d'une grange, vraisemblablement à nef et bas-côtés. Cette façade, exposée au nord-est, accroche le regard avec
- son ordonnance à symétrie axiale : une grande baie centrale, encadrée à droite et à gauche de deux ouvertures superposées (porte du rez-de-chaussée sous entrée de fenil), et à chaque extrémité du pignon, une porte de plain pied donnant dans le bas-côté ;
- ses arcs en plein cintre en pierres de taille aux baies ;
- sa maçonnerie en assises régulières de petits moellons équarris ;
- et surtout, ses rampants en gradins terminés chacun par une grande dalle (on peut penser que ces gradins, ou redans, étaient liés à l'existence d'une toiture de chaume sur le bâtiment).

Dans la partie droite de l'image, on aperçoit un bout du corps de logis bordant un des côtés du rectangle formé par la cour. Le pan de toiture se poursuit au-delà du droit du mur pour former un auvent soutenu par des potences.

Le Comte Léjeas, alias Martin Liéjas-Carpentier, né à Paris en 1748, mort à Aiserey en 1831, était un avocat et homme politique français partisan de l'Empire. Pair de France, il renonça à la politique après Waterloo et s'installa au château d'Aiserey.

 

9 - ATELIER DE CHARRON À LA CAILLÈRE (VENDÉE)

Carte postale en noir et blanc du début du XXe siècle.
Au recto :
- en bas vers la gauche : LA CAILLÈRE (Vendée). - Vue générale ;
- en bas à droite : 1713 - Collection A Robin, Fontenay-le-Comte.
Au verso : filet double séparant la partie Correspondance (à gauche) de la partie Adresse (à droite), sous l'en-tête CARTE POSTALE.

En contrebas de l'endroit où le photographe a planté son appareil, on remarque la présence d'un atelier de charron à en juger par l'accumulation de roues en bois entreposées dans la cour. Il s'agit d'un bâtiment tout en profondeur dont le large pignon-façade n'est pas sans évoquer celui d'une grange à nef et bas-côtés comme on en voit en Vendée, Charente et Charente-Maritime. Les larges baies vitrées du pignon, destinées à laisser le jour pénétrer à l'intérieur, datent vraisemblablement de la transformation de la grange en charronnage. Les trous d'envol d'un ancien pigeonnier encore visibles sous les rampants du pignon renvoient à un édifice agricole plutôt qu'artisanal.

 

10 - MAISON À BAS-CÔTÉS DANS LES LANDES

Carte postale de teinte sépia et à bordure blanche des années 1930, décolorisée pour les besoins de l'étude.
Au recto : dans la bordure blanche basse : 57 - DANS LES LANDES − Maison Landaise avec la treille rustique.
Au verso : dans l'axe médian vertical de la carte, Photo E. Vignes, Castets-des-Landes ; aucune indication à gauche (la partie Correspondance), quatre traits horizontaux à droite (la partie Adresse).

Le photographe ruraliste E. Vignes (E pour Émile) a posé son appareil devant le pignon-façade d'une « maison landaise » dans les années 1930. Malgré la « treille rustique », dont les pampres s'étendent au-dessus du rez-de-chaussée, la charpente tripartite du bâtiment est immédiatement appréhensible dans le pignon-façade : une nef centrale et deux bas-côtés. Si les parois du rez-de-chaussée et des bas-côtés sont crépies, le premier étage laisse encore voir sa charpente (deux poteaux de fond soutenant chacun une panne, le tout coiffé d'une ferme surbaissée à arbalétriers et poinçon) et son pan de bois aux éléments très serrés interrompu par une baie centrale à croisée, dont les panneaux inférieurs paraissent obturés. On note ici l'absence du portique ou auvent central qui occupe la travée avant de la nef dans la métairie landaise classique.

Devant l'entrée de la maison, les enfants sont en habits du dimanche tandis que l'adulte est en sabots. La guirlande de feuilles et de fleurs accrochée à l'encadrement de l'entrée est peut-être le signe d'un mariage.

 

11 - CABANE CAMARGUAISE

Version en noir et blanc d'un cliché de couleur sépia (22,5 cm x 14,5 cm) d'une cabane camarguaise (collection Jean-Christophe Millet).

 

Description par Jean-Christophe Millet. « L'ancienneté (à mon avis antérieure à 1890, peut-être vers 1880, époque dans ce cas de Van Gogh) et la qualité documentaire me semblent d'un très grand intérêt. Des bouviers (dont un fumeur de pipe en terre appuyé sur le canon de son fusil) et un pêcheur (cf. son couvre-chef et surtout sa rame), au repos, prennent la pose devant une cabane camarguaise. On est bien loin des gardians du marquis de Baroncelli... La cabane est sans doute la construction la plus ancienne. Une maisonnette à cheminée ainsi qu'un hangar sur son côté droit lui ont été accolés. La cabane au toit de roseaux et au faîtage bâché communique, dans sa partie arrière, avec la maisonnette via un petit « corridor » de transition également au toit de roseaux (chape d'enduit au mortier de chaux). A été curieusement ajoutée à l'avant de la cabane une entrée portant sur son fronton une inscription difficilement lisible. Les trois blocs en enfilade (entrée, cabane et maisonnette) communiquent donc. »

 

12 - LES CABANES À GORDES (VAUCLUSE)

Carte postale colorisée des années 1970.
Au recto, dans le coin inférieur droit, la marque CIM, initiales de Combier imprimerie Mâcon.

 

Ce document montre la restauration d'une partie des bâtiments en pierre sèche du lieudit Les Savournins bas à Gordes (Vaucluse), avant qu'ils ne se métamorphosent, sous la baguette magique de Pierre Viala, en « Village des bories ». Sont reconnaissables, de gauche à droite, l'habitation du groupe IV, la grange du groupe III, le four du groupe III et, derrière le four, l'habitation du groupe VI (voir, dans le présent site, Christian Lassure, « Les Cabanes » ou « Les Savournins bas » – alias Le « Village des bories » – à Gordes, en Vaucluse, 1re partie. De grandes lauses sont disposées devant et sur la muraille basse, large de plusieurs mètres, bordant la cour de l'habitation IV. Elle sont en attente soit de leur emploi, soit de leur enlèvement. On note que l'auvent de grandes lauses du fournil du groupe III est déjà terminé.

 

13 - CHAMBRE-ÉTABLE À SAINT-MARTIN-EN-BELLEVILLE (SAVOIE) EN 1937

Photo noir et blanc des années 1950 (bordures blanches dentelées). Dimensions : 17,7 x 12,6 cm.

Au verso : aucune subdivision ; tampon en bas à droite : Photo R. BERTRAND / ALBERTVILLE (SAVOIE) ; écriture manuscrite en haut à gauche : Saint Martin de Belleville (Savoie) / Mai 1937 (date du cliché). Il existe des cartes postales colorisées du même cliché publiées par les éditions EDYLUX - Le Vieux Viviers (Savoie), dont une aux bords dentelés mais sans bordure blanche, avec pour légende LA SAVOIE PITTORESQUE / 45. Un intérieur de haute montagne, l'hiver.

Prise en mai 1937, à Saint-Martin-de-Belleville en Savoie, cette photo illustre la persistance de la cohabitation de l'homme et de la vache dans une même pièce de la maison rurale dans la vallée de la Tarentaise. Nous sommes au rez-de-chaussée, dans une chambre-étable couverte de voûtes d'arêtes maçonnées sur piliers. À gauche, on aperçoit une rangée de cinq vaches qu'une cloison basse en bois sépare  de deux lits, également en bois, disposés à angle droit. Entre la cloison et les bêtes, un intervalle d'environ deux mètres est prudemment observé pour mettre la chambre à l'abri des projections fécales. Enduites de plâtre, les voûtes empêchent l'humidité de monter à l'étage où se trouve, selon le cas, le logement d'été ou la grange. On peut parler ici de chauffage par le bétail : sa présence entretient une chaleur constante dans la maison des zones froides que sont les hautes vallées de la Maurienne et de la Tarentaise (4).

 

14 - LONGÈRE A PIÈCE UNIQUE EN BRETAGNE : « EN AVANT, L'ÉTABLE, AU FOND, LE LOGIS »

Carte postale en noir et blanc des années 1900.
Au recto : sur deux lignes, COUTUMES, MOEURS ET COSTUMES BRETONS / 481 − Intérieur de Ferme : en avant, l'étable, au fond, le logis. ND Phot. (ND est mis pour l'éditeur de cartes postales Neurdein frères).
Au verso : dos divisé (« Correspondance » à gauche, « Adresse » à droite).

La carte postale nous fait découvrir une pièce unique à cohabitation des hommes et du bétail (trois vaches et un cheval) en Bretagne. Une cloison de bois sépare les deux parties de la longère. Dans la partie logis, un homme en béret et deux femmes en bonnet sont assis sur des bancs à une table, à gauche de la cheminée en pignon. On aperçoit un lit clos-derrière eux. Dans la partie étable, de la paille est étalée sous les sabots des bêtes pour recueillir leurs déjections.

 

15 - LA MAISON DE GEORGE SAND À GARGILESSE (INDRE)

Carte postale en noir et blanc de la première décennie du XXe siècle.
Au recto : en bas : 101 - GARGILESSE (Indre). - Maison de George Sand. - George Sand's House ; en haut : description de la maison extraite du livre Promenades autour d'un village, paru en 1857 : « Me voilà propriétaire d'une maison bâtie à pierres sèches, couverte en tuiles et ornée d'un perron à sept marches brutes ; d'une cour de quatre mètres carrés ; d'un bout de ruisseau, plus, d'un talus de rocher ayant pour limite un buis et un cerisier sauvage ».
Au verso : dos divisé, avec dans l'axe médian l'inscription NEURDEIN FRÈRES, IMP. CRÉTÉ, SUCC - PARIS-CORBEIL. - D2 - (voir le sigle correspondant sur le recto, dans l'angle inférieur droit).

Contrairement à ce pourrait laisser croire la légende, seule l'extrémité arrière du bâtiment était la propriété de George Sand. La façade de cette partie est cachée par un arbre. Le restant de la longère villageoise appartenait à un autre propriétaire et avait son perron propre.

L'écrivaine exagère certainement le caractère rustique de son acquisition en prêtant aux murs de la maison une maçonnerie en pierre sèche, c'est-à-dire sans mortier.

Sur une autre vue, la maison de George Sand est visible dans son état primitif (antérieur à l'accolement d'une pièce contre le pignon), avec son escalier extérieur perpendiculaire à la façade.

Carte noir et blanc dite précurseur (dernière décennie du XIXe siècle). Dos non divisé.
Éditeur : Coll. de la vallée de la Creuse. − G. M ABIRE, phot.-édit., Argenton, Q UESNEL, suc.

 

16 - LA « MAISON CROBATE »

Carte-photo noir et blanc de la première décennie du XXe siècle (© Christian Lassure).
Au recto : aucune indication.
Au verso : dans la partie réservée à la correspondance, on trouve la mention manuscrite « La maison Crobate ! » au-dessus de la signature « Guilaine » ; dans la partie réservée à l'adresse du destinataire, on lit : « Monsieur le Chauffeur d'autos / Jules Truchot / Rue Lafayette 222 / E.V. ».

Faute d'informations précises concernant la date et le lieu où cette photo a été prise, on en est réduit à formuler des déductions et des hypothèses à partir des éléments matériels, techniques et humains qui y figurent. La toile de fond est le gouttereau-façade d'un long bâtiment en pierre dont la toiture est hors du cadre de vue. La salle commune est reconnaissable à sa porte et à sa fenêtre étroite au-dessus de la saillie extérieure de la pierre d'évier, l'ensemble étant sous les frondaisons d'une vigne grimpante. Plus à droite, une deuxième porte puis une troisième, plus basse, correspondent à des annexes utilitaires.

Le paysan en sabots et casquette, son épouse en train de nourrir de la volaille, posent avec une jeune femme en bottines et chignon, une petite fille portant un ruban et un petit garçon en vareuse. Le photographe est sans doute le mari de la jeune femme et le père des enfants. On peut penser qu'il y a un lien de parenté entre le vieux couple en tenue de travail et les visiteurs endimanchés mais on ne peut guère s'avancer plus. Force est de constater que deux mondes différents se cotoyent ici.

Pour avoir suffisamment de recul, le photographe a escaladé le pied du terrain en amont, faisant entrer dans son cadre de vue un puits rudimentaire fait de grandes dalles et d'une potence en bois terminée par une poulie.

Si l'époque semble être le tout début du XXe siècle (chignon de la jeune bourgeoise), le lieu pourrait bien se situer dans une région du Massif central.

 

17 - LA MAISON GASTAMBIDIA À SAINT-PÉE-SUR-NIVELLE (PYRÉNÉES-ATLANTIQUES)

Carte postale en noir et blanc du début du XXe siècle.
Au recto : en haut sur la gauche  : Eskual Herria (pays basque). – Environs de la Rhune ; en bas, en position centrale : 149. - SAINT-PÉE -SUR-N IVELLE (B.-Pyr.) – Gastambidia, maison basque ; le long du bord gauche : J. S. éditeur, Ascain.
Au verso : sous l'en-tête CARTE POSTALE et l'avertissement « La correspondance au recto n'est pas acceptée par tous les pays étrangers − Se renseigner à la poste », dos divisé par un double filet en une partie Correspondance à gauche et une partie Adresse à droite, la première ligne de l'adresse étant précédée d'un grand M en italique.

Cette grande et belle maison, à la façade à l'ordonnance symétrique remarquable, est la maison dite Gastambidia à Saint-Pée-de-Nivelle (Pyrénées-Atlantiques, anciennement Basses-Pyrénées). Le pignon-façade en pan de bois de cette maison de notable labourdin reflète le plan intérieur : de chaque côté de la nef centrale, enserrée entre ses deux murs en maçonnerie de pierre montant jusqu'au toit, s'ajoute un bas-côté, lui-même bordé par un mur-gouttereau en pierre montant jusqu'au toit. Nef et bas-côtés peuvent avoir été montés en même temps ou plus vraisemblablement par étapes (nef centrale puis un bas-côté puis l'autre ou les deux en même temps), seul l'examen du bâti ou des documents notariés pourrait permettre de trancher.

Le porche du rez-de-chaussée (lorioa) ouvre sur le « carré » (eskaratz), vaste vestibule d'où l'on accède à la cuisine (à gauche), à l'étable (à l'arrière du bâtiment) et aux chambres du premier étage (par un escalier) (cf. planche 9 du volume Pays aquitains du Corpus de l'architecture rurale française, p. 55).

 

18 - MAISON À BAS-CÔTÉS AUX ENVIRONS DE BAYONNE

Carte postale ancienne représentant une « Ferme basque aux environs de Bayonne » d'après la légende au verso. L'original est de teinte verte, ce qui postule une date postérieure à la première décennie du XXe siècle.
Le dos est divisé en deux parties mais sans les indications habituelles. L'éditeur est R. Bergevin,  66, rue des Merciers, La Rochelle.

Pour le spécialiste, il s'agit d'une maison à nef et bas-côtés qui s'est formée à partir d'une maison à étage, à façade en pignon, prolongée de part et d'autre par un bas-côté. On devine la tête, en pierres de taille, des murs gouttereaux de la nef centrale. Le rez-de-chaussée est en dur, l'étage est en pan de bois. Le bas-côté de gauche est réservé à l'habitation (souche de cheminée), le bas-côté de droite sert peut-être à abriter une charrette,  l'entrée centrale étant alors celle de l'étable. L'étage, au niveau de la nef centrale et du bas-côté de droite, est dévolu à l'habitation (balcon en bois).

Une autre carte postale de l'époque permet de voir la façade de plus près et la façon dont la cour est utilisée : tas de fumier sur la gauche,  fagots et branchages sur la droite, vaches sur le départ au milieu.

 

19 - MAISON SANS BAS-CÔTÉS AU PAYS BASQUE

Carte postale du début du XXe siècle, décolorisée par nos soins.
Au recto : Un Pays Basque. − La rentrée à l'étable (Il faut sans doute comprendre « En Pays Basque »).
Au verso : dos divisé par un filet double en deux parties, celle de gauche pour le texte, celle de droite pour l'adresse, mais sans les mentions  habituelles, le tout sous l'en-tête CARTE POSTALE − POSTKARTE − POST CARD / Union postale universelle − Briefkaart − Cartolina postale − Brefkort.
Éditeur : information non disponible.

Le photographe a centré son objectif sur le pignon-façade d'une maison-bloc, de plan rectangulaire, à un étage, d'un type courant au pays basque. Entre les gouttereaux en maçonnerie de pierre, le pignon superpose :
- une étable au rez-de-chaussée, avec sa porte à deux vantaux s'ouvrant dans une maçonnerie de moellons ;
- un logis à l'étage, avec son balcon en bois, sa porte et ses deux fenêtres ménagées dans un pan de bois ;
- un comble en pan de bois, avec sa fenière (?) ;
- un toit à deux versants, couvert en tuiles canal et lesté de pierres aux rampants et aux rives.

Dans le goutterau côté chemin, on distingue une entrée pour les humains.

On a affaire en fait à une salle haute (rez-de-chaussée utilitaire, salle à vivre à l'étage), aux ouvertures en pignon, dont le modèle est d'origine médiévale.

 

20 - MAISONS À EXTENSION EN ENCORBELLEMENT À AULNAT (PUY-DE-DÔME)

Carte postale noir et blanc des années 1900.
Au recto : en haut au milieu, sur deux lignes, l'inscription L'AUVERGNE PITTORESQUE / 3769.  AULNAT − Vieilles Maisons ; dans l'angle inférieur droit, le sigle de l'éditeur, VDC, dans un cœur ; en bas de la carte, l'appréciation manuscrite : Très Joli en photo, sale et dégoûtant en nature.
Au verso : dos divisé.

L'œil du photographe a été attiré par les pièces en encorbellement édifiées à l'arrière de maisons bordant le ruisseau de l'Artière à Aulnat dans le Puy-de-Dôme, près de Clermont-Ferrand. Il s'agit d'extensions légères, bâties en pan de bois sur des potences en bois. Le commentaire désabusé ajouté par l'acheteur de la carte donne à penser que certaines de ces extensions sont en fait des cabinets.

Sur une vue du ruisseau plus tardive (années 1920 d'après la teinte sépia et la bordure blanche sur tout le pourtour de la carte), éditée par le bien nommé G. D'O (pour J. Gouttefangeas à Olliergues, Puy-de-Dôme), le niveau de l'eau est plus haut et aucune partie du lit n'est hors d'eau. Le cours d'eau a alors pour nom « la Tiretaine».
 

On chercherait en vain le vieux ru aujourd'hui, il a été couvert lors de travaux entrepris en 1981.

 

21 - LA FERME DES COLONNES À SAINT-PARRES-LÈS-VAUDES (AUBE)

Carte postale noir et blanc des années 1900.
Au recto : St-PARRES-les-VAUDES (Aube). - La Ferme des Colonnes.
Au verso : dos divisé.
Le nom exact du village est Saint-Parres-lès-Vaudes.

On a affaire ici à un long bâtiment, d'un seul tenant et à un étage, couvert d'une toiture à quatre versants, deux longs et deux courts.
Sa particularité consiste en la présence, au rez-de-chaussée, sur une bonne partie du gouttereau-façade, de six colonnes de pierre, à chapiteau, bordant une galerie ouverte. À l'étage, aux colonnes du bas répondent des poteaux en bois qui délimitent également une galerie ouverte, bordée par un mur-bahut. Sur les six colonnes, quatre sont octogonales et deux circulaires en coupe. La colonne à l'extrême droite étant partiellement engoncée dans le mur-gouttereau, on peut penser qu'à l'origine il y avait une septième travée, qui depuis a été bouchée, la travée supérieure se trouvant du même coup obturée. La paroi intérieure de la galerie haute est en pan de bois ; entre diverses baies, des victuailles (échalottes, oignons, etc.) sont accrochées à la paroi.

D'après d'autres cartes postales, la ferme des Colonnes serait du XVIIe siècle. Des galeries superposées en gouttereau se retrouvent non loin de là, au manoir des Tourelles à Rumilly-lès-Vaudes, datant du XVIe siècle, sauf que les galeries y courent entre deux tours. On ne peut guère parler ici d'« architecture paysanne », le concept vient de plus haut dans la hiérarchie sociale.

Au droit de la deuxième travée à partir de la gauche, se dresse une lucarne pendante à la capucine avec saillie fortement marquée. Elle servait, grâce à sa poulie, à hisser des provisions dans le grenier mais aussi au premier étage, là où le mur-bahut est interrompu par une porte à deux vantaux s'ouvrant pour laisser passer les charges.

Le treillage fixé contre le mur-gouttereau à gauche des galeries, était destiné à une vigne grimpante (ce que montre la carte postale suivante). Dans la cour, juste devant le treillage, on aperçoit un puits à treuil actionné par une roue en fonte, ainsi qu'un abreuvoir.

Dans le mur-gouttereau à droite des colonnes, la fenêtre aux volets fermés du rez-de-chaussée est murée, modification qui apparaît plus nettement dans la dernière carte postale.

Une carte postale plus tardive (années 1920) nous fait découvrir la ferme transformée en résidence privée et la vaste cour, débarrassée de son puits et de son abreuvoir, métamorphosée en jardin d'agrément.

 

22 - ABRI À CHARRETTE À TRÉGASTEL (CÔTES-D'ARMOR)

Carte postale du début du XXe siècle.
Au recto : en haut, entre deux rochers, légende : TOUTE LA BRETAGNE / 1171 – TRÉGASTEL - La cour d'une ferme entourée de Rochers gigantesques. En bas, à  gauche, indication de l'éditeur : Cl. de Lespinasse.
Au verso : sous l'en-tête UNVANIEZ POST AR BED HOLL / KARTEN-BOST et l'avertissement « La Correspondance au recto n'est pas acceptée par tous les pays étrangers (Se renseigner à la Poste) », dos divisé en Correspondance et Adresse.

Trégastel est une commune des Côtes-d'Armor (ex-Côtes-du-Nord). L'intérêt de cette carte pour l'amateur d'architecture rurale réside non pas dans le gigantisme des rochers mais dans l'emploi d'orthostates pour les piliers d'un abri à charrette. Celui-ci est couvert par un toit plein en chaume posé sur un platelage de bois. Sur le tas de paille à droite sèche du linge.

 

23 - LA FERME DE LA LOIRE AU MONT GERBIER DE JONC À SAINTE-EULALIE (ARDÈCHE)

Carte postale noir et blanc des années 1920 (un exemplaire porte la date manuscrite du 28-9-26).
Au recto : en haut, sur deux lignes l'inscription centrée Sites pittoresques de l'Ardèche (altitude 1655 mètres) − La Ferme de la Loire / au pied même du Gerbier, la Loire prend sa source dans l'intérieur de la Ferme.
Au verso : dos divisé, aucune mention.

Cette carte postale représente la célèbre « ferme de la Loire », située au Mont Gerbier de Jonc, sur la commune de Sainte-Eulalie (Ardèche), ferme où la source du fleuve est censée jaillir (il s'agit en fait de la source dite « géographique », une des trois sources ayant postulé pour ce titre). Sur la carte, le toit de lauses semble d'origine, et pourtant, sur une carte du tout début du XXe siècle, on observe un toit de chaume bien plus pentu. Y aurait-il eu deux fermes de la Loire ? Ou la chaumière des années 1990 aurait-elle gagné une toiture de lauses deux décennies plus tard ?. On est en droit de se poser des questions. Il reste que ce haut toit de chaume était caractéristique des grandes fermes de la région. Pour qu'on le voie bien, l'éditeur a fait entourer la silhouette du toit et celle de la souche de cheminée d'un léger trait à l'encre noire.

Carte postale noir et blanc du début du XXe siècle.
Au recto :
- légende : L'Ardèche Illustrée - Gerbier des Joncs et Ferme de la Loire.
- éditeur : L. Coste, phot.-édit., Vals-les-Bains.
Au verso : dos divisé.

 

24 - ABREUVOIR À LA POTERIE AUX ENVIRONS DE BOULOGNE-SUR-MER (PAS-DE-CALAIS)

Carte postale en noir et blanc du début du XXe siècle.

Au recto : en haut, depuis la gauche : L. D., B., 271. - Environs de Boulogne-sur-Mer. - LA POTERIE. - L'Abreuvoir.
Au verso : sous l'en-tête CARTE POSTALE et l'avertissement « Tous les pays étrangers n'acceptent pas la correspondance au recto (Se renseigner à la Poste) », dos divisé par un double filet vertical en partie CORRESPONDANCE à gauche et partie ADRESSE à droite.

La scène se passe dans un village proche de Boulogne-sur-Mer (Wimille, Vimereux ?), dans le Pas-de-Calais. Des domestiques mènent du bétail à l'abreuvoir, sorte de mare hémicirculaire bordée, dans sa partie hémisphérique, d'un mur au couronnement dissuasif . Celui-ci est en effet forme de pierres triangulaires posées de chant avec un léger espacement entre elles.

 

25 - FOUR DOMESTIQUE ISOLÉ DANS LES LANDES

Carte postale noir et blanc des années 1900.
Au recto : 4     SCÈNES ET TYPES LANDAIS. – Intérieur de Ferme. – LL.
Au verso : dos divisé ; inscription barrant verticalement le milieu de la carte, IMP. LÉVY FILS & CIE PARIS.

Ce four domestique est isolé, à l'écart de la maison, et protégé de la pluie par un appentis ouvert à couverture de tuiles creuses. Les trois meules à mât central ont des allures de cases africaines.

 

26 - SOUE À COCHONS À PLOUMANACH (CÔTES-D'ARMOR)

Original : plaque de verre stéréo positive de 1909 (dim/ : 10,5 x 4,4 cm).

Un coin de Ploumanach, bourg de la commune de Perros-Guirec dans les Côtes-d'Armor (anciennement Côtes-du-Nord), en 1909. Le petit bâtiment circulaire couvert d'une toiture conique en chaume qui lui donne l'allure d'une « cabane gauloise », n'est peut-être qu'une soue (auge sur le devant de l'entrée). Il borde, avec d'autres bâtiments utilitaires, le même côté d'une ruelle en terre. Après une ruine (autre soue comme semble l'indiquer une auge abandonnée ?), on aperçoit un édicule aux deux versants refaits récemment en tuiles mécaniques (remise ?), puis un bâtiment en longueur, au toit de chaume pentu, où aucune souche de cheminée n'est visible. Le chaume comme mode de couverture apparaît bien résiduel ici. Une touche de couleur locale a été insérée dans le cadre sous la forme d'une jeune Bretonne coiffée.

 

27 - MISE EN GRANGE

Carte postale des années 1900.
Au recto :
- en bas, au centre : 8. – Les travaux des Champs. – La Mise en Grange.
- à gauche de la légende, dessin d'une hirondelle en vol tenant une carte dans son bec, symbole de l'éditeur : L'Hirondelle.
Verso non disponible.

Un exemplaire de cette carte porte au recto la mention manuscrite Cosne le 31 mai 05, une autre la mention Un bonjour d'Arcy [signé] Blanche. Il se peut donc que la scène ait été photographiée à Arcy-sur-Cure dans l'Yonne ou à Cosne-sur-Loire dans la Nièvre mais il peut tout aussi bien s'agir de lieux d'expédition n'ayant qu'un rapport de proximité géographique avec le lieu véritablement représenté.

L'engrangement du foin se fait par une porte-fenêtre située au 1er étage d'un bâtiment massif qui semble tardif avec ses ouvertures en pierre de taille à arc clavé en plein cintre (XIXe siècle). Le chariot sur lequel est entassé le foin est tiré par deux paires de bœufs.

 

28 - « CLOUQUE » DES ENVIRONS DE SALIES-DE-BÉARN (PYRÉNÉES-ATLANTIQUES)

Carte postale noir et blanc semi-moderne à bordure blanche (années 1930). Dos divisé.
Légende au dos :
- en haut à gauche : 1772 SALIES-DE-BÉARN (Bses-Pyrénées / Une vieille ferme béarnaise des environs.
- Inscription verticale par le milieu : Les Éditions d'Art "YVON", PARIS, 15, Rue Martel / Reproduction interdite - Fabrication française 271.
Le message rédigé au dos de la carte est précédé de la date Samedi 21 août 1943.

Ce pignon-façade à l'ordonnance symétrique est le fruit de l'adjonction d'un appentis de chaque côté d'une grange-remise à toiture à quatre versants pour former ce qui était vraisemblablement une métairie. Faute d'une analyse architecturale, il est difficile de dire si l'on a affaire à une conception d'ensemble et une construction d'un seul tenant où à la transformation d'une grange isolée en habitation de métayer. L'appentis de droite (par rapport à un observateur regardant la façade) abrite le logis, signalé par une souche de cheminée. Il comporte un étage en soupente d'après la petite baie visible sous le rampant. L'appentis de gauche, lui aussi à soupente, constitue l'étable. La photo ne permet pas de savoir si les deux bas-côtés ont la même longueur que la grange et s'ils communiquent intérieurement avec celle-ci mais elle laisse deviner qu'ils sont couverts de tuiles creuses alors que la croupe au-dessus de la grange est en tuiles plates à ergot ou « tuiles picon » (pente à plus de 45 degrés oblige), dont certaines en forme d'écailles. Les piédroits et l'arc en anse de panier de l'entrée de la grange sont en pierres taillées, une agrafe sculptée ornant la clé de l'arc. La baie juste au-dessus correspond apparemment à un étage bas tandis que la lucarne du versant de croupe s'ouvre sur le fenil. L'édicule accolé perpendiculairement au bas-côté de droite est une soue à cochon surmontée d'un poulailler à claires-voies. L'arc segmentaire présent aux baies de la façade (à l'exception du porche) est la marque de la deuxième moitié du XVIIIe siècle.

Voyant dans la forme du bâtiment une poule abritant ses poussins sous ses ailes, les agences immobilières ont baptisé du nom de « clouque » (poule) les anciennes métairies salisiennes ayant cette morphologie.

La même aujourd'hui, sur le site xooimage.com, à l'adresse http://img110.xooimage.com/views/6/f/4/1-la-clouque-1-copier--51d48b8.jpg/ Elle est indiquée comme se trouvant à la sortie de la ville, sur la départementale 17. © Francis Harley.

 

29 - BERGERIE COURBE ET PARC À MOUTONS DANS LES LANDES

Carte postale noir et blanc du début du XXe siècle.
Au recto :
- Bromotypie Gautreau. Langon (Gironde)  B.G.L.
- 3498. Dans les Landes  − Devant le Parc à moutons.
Au verso : sous l'en-tête CARTE POSTALE, un filet double divise le dos en partie CORRESPONDANCE à gauche et en partie ADRESSE à droite.

Bergerie à toit de chaume de seigle sur charpente, dite « bergerie courbe » en raison de son plan semi-circulaire : le côté long convexe est tourné vers l'ouest en guise de protection contre les vents océaniques, tandis que le côté long concave forme avec des panneaux de brande une cour servant à rassembler, soigner et trier les bêtes. On en rencontrait aux confins des départements de la Gironde, des Landes et du Lot-et-Garonne. La dernière a disparu en 1963.

 

30 - BERGERIES-CHARRETTERIES ET PARC À CASTELJALOUX (LOT-ET-GARONNE)

Cartes postale noir et blanc du début du XXe siècle.
Au recto : Casteljaloux (L.-et-G.) / Dans la Lande - Départ du Troupeau.
Dos divisé.

Deux bergeries-charretteries ou « bordes » encadrent un parc à moutons fermé par un portail à deux battants sur la commune de Casteljaloux (Lot-et-Garonne), aux confins de la Gironde et des Landes. La borde de gauche laisse voir, à son pignon, une ferme de charpente dont les pièces, parfaitement rectilignes, sortent de scierie. Les poteaux latéraux visibles reposent sur des plots en maçonnerie de briques. Au premier plan, se dresse une barrière rudimentaire faite de piquets fourchus.

 

Sur une édition tardive (teinte sépia des années 1920-1930, dos divisé sans les indications «Correspondance » et «Adresse »), la légende fait un virage à 180 degrés : Casteljaloux. − La Lande - Rentrée des moutons au Parc, et l'on voit les moutons rentrer en marche arrière dans le parc...

 

31 - LOU MOZUT SUR LA MONTAGNE

Carte postale noir et blanc des années 1900.
Au recto : en haut sur la gauche, la légende EN AUVERGNE - 64. Sur la Montagne - Le Buron (Lou Mozut) ; en haut à gauche, un poème d'Étienne Marcenac : « Là haut sur nos sommets, aux plantureux herbages / C'est la pauvre cabane où pâtres et vachers / Pendant six mois d'été, bravent les gros orages / Dont les grondements font trembler jusqu'aux roches. »
Au verso : sous l'en-tête CARTE POSTALE et l'avertissement « Tous les pays étrangers n'acceptent pas la correspondance au recto (Se renseigner à la Poste) », dos divisé par un double filet vertical en partie Correspondance à gauche et partie Adresse à droite.

Le terme vernaculaire employé dans le Cantal pour désigner la fromagerie d'estive est mozut, ainsi que l'indique la légende de cette carte postale du début du XXe siècle. « Buron » est un terme savant, popularisé par les géographes français. On aperçoit sur cette carte un buron en pierres maçonnées, consistant en deux bâtiments contigus : le premier – et le plus ancien, une grande bâtisse à la toiture à deux versants couverts de lauses et à la façade en pignon ; le deuxième, petit édifice à une seule pente de toiture, accolé contre la moitié gauche du pignon du premier (afin de ne pas en barrer l'entrée). Chacun dispose d'une cheminée, en pignon pour le premier, dans le mur long pour le second. Ce mur long est percé d'une porte contre l'angle et de deux fentes jumelles dans sa partie supérieure. Deux buronniers, un garçon et un chien posent pour le photographe.

 

32 - ESCALIER EXTÉRIEUR À LA COURDRIE, ÎLE D'OLÉRON (CHARENTE-MARITIME)

Carte postale noir et blanc du début du XXe siècle. Dos divisé.
Légende au recto :
- en bas à gauche : Cliché Braun, déposé ;
- en haut à droite : 628. - Ile d'Oléron. - Types du Pays / Une cour d'habitation au village de la Courdrie.

Le photographe a fait poser plusieurs générations d'Oléronnaises en haut et en bas de l'escalier de pierre montant à l'étage d'une habitation, signalée par la souche de cheminée en haut du pignon :
- en bas, l'aïeule coiffée du « ballet », avec à ses côtés une jeune mère de famille portant un bonnet blanc ; cette dernière a les pieds nus alors que petite fille dans son giron a des chaussures ;
- en haut, une ménagère d'un certain âge, coiffée du « quich'not », avec à ses pieds une jeune fille portant un fichu.

L'escalier est non pas parallèle au gouttereau mais perpendiculaire à celui-ci selon une disposition fréquente dans l'île. Sa largeur initiale a été réduite par la pose d'une solide rambarde de maçonnerie.

 

33 - ESCALIERS EXTÉRIEURS À LONGUESSE (VAL-D'OISE)

Carte postale du début du XXe siècle.
Au recto : légende sur trois lignes : 4  Environs de Meulan / Longuesse / Vieille cour de ferme.; dans l'angle inférieur droit : J. Klein, édit. Meulan.
Au verso : sous l'en-tête CARTE POSTALE et l'avertissement « Tous les pays étrangers n'acceptent pas la correspondance au recto (Se renseigner à la Poste) », dos divisé par un double filet vertical en partie CORRESPONDANCE à gauche et partie ADRESSE à droite.

Cette ferme était située à Longuesse, aujourd'hui commune du Val-d'Oise. On note la présence de chaume de couverture, en mauvais état, sur un bâtiment d'exploitation (à gauche) et sur la maison d'habitation (au milieu) au bout du corps de logis. Celui-ci aligne trois logements, dont deux consistant en une pièce d'habitation sur rez-de-chaussée utilitaire, avec accès par escalier extérieur.

 

34 - CHAUMIÈRE AU QUARTIER CHAPONVAL À AUVERS-SUR-OISE (VAL-D'OISE)

Carte postale noir et blanc du début du XXe siècle.
Au recto : en haut à droite,  20. - Auvers-Chaponval  − Une ferme. Au verso : sous l'en-tête CARTE POSTALE, un filet simple sépare la partie gauche (Correspondance) de la partie droite (Adresse).

Vers 1900, ce qui est aujourd'hui le quartier de Chaponval à Auvers-sur-Oise (dans le Val-d'Oise, anciennement en Seine-et-Oise) possédait encore quelques rares chaumières, dont celle-ci qui a retenu l'attention d'un photographe de cartes postales. On a affaire, semble-t-il, à une longère à étage, dont le gouttereau-façade aligne, de gauche à droite (par rapport au photographe), deux habitations (dont la seconde, apparemment, n'est plus en usage en tant que telle) et une grange-étable, chaque partie ayant sa propre entrée. Chaque habitation est signalée par une porte et une fenêtre au rez-de-chaussée et par une fenêtre à l'étage. Une grille en fer forgé barre les fenêtres de la première habitation. Une sorte de hangar est disposé à angle droit contre la partie grange-étable. Là où cette dernière commence, on distingue dans la maçonnerie la chaîne d'angle de la partie d'habitation. On aperçoit, sur la gauche, appuyée contre la rive de la toiture, la haute et acrobatique échelle de chaumier employée à l'entretien du glui. Plusieurs vignes escaladent la façade de la maison. Une pompe à eau est fixée contre la paroi à gauche de la première fenêtre.

 

35 - CHAUMIÈRE À L'EQUIPÉE À VALMONDOIS (VAL-D'OISE)

Carte postale du début du XXe siècle. Un autre exemplaire a circulé le 16 juillet 1910.
Au recto : VALMONDOIS - Chaumière à l'Équipée.
Au verso : Frémont, édit., Beaumont-sur-Oise. Dos divisé.

L'Équipée est un écart de Valmondois, commune du Val-d'Oise située dans la vallée du Sausseron, à 32 km au nord de Paris.

Pour que cette maison en maçonnerie de moellons et de pierres de taille liés au mortier ait retenu l'attention du photographe, il fallait que les couvertures de chaume fussent devenues rares dans cette commune de l'ancien département de Seine-et-Oise. Avec un toit de tuiles plates, cette maison à étage de la fin du XIXe siècle, aux deux grandes fenêtres superposées dans le gouttereau, aurait été des plus banales pour l'époque.

Autre caractéristique qui accroche le regard (du moins de l'observateur actuel), l'escalier couvert extérieur, tout en bois, plaqué contre le pignon et permettant d'accéder à l'étage par une porte surélevée (l'entrée du rez-de-chaussée étant apparemment à l'angle du bâtiment, juste avant l'escalier). Ici, le matériau de couverture est de la tuile plate.

La maçonnerie du pignon, au moment de la prise de vue, venait d'être rejointoyée, à en juger d'après sa blancheur. De même, l'étroite souche de cheminée est toute neuve. Enfin, on note la présence de barreaux de fer et de volets à la fenêtre du bas.

 

36 - CHAUMIÈRE À UCHON (SAÔNE-ET-LOIRE)

Carte postale du début du XXe siècle.
Au recto : sur deux lignes, 2002  Le Morvan illustré / UCHON – Une chaumière.
Au verso : dos divisé.
Éditeur : PHOTOTYPIE J. COQUEUGNIOT –  AUTUN (mention figurant sur d'autres éditions).

On a affaire à une chaumière indubitablement mais surtout à une maison à pièce unique d'ouvrier agricole ou de propriétaire de petit lopin ou encore d'indigents. Le chaume donne l'impression de ne plus être entretenu. Un fatras de vieux troncs est posé contre le bout de la façade en aval (pour masquer un brèche ?). Le chaos granitique visible en amont de la bâtisse nous rappelle le fait que la commune d'Uchon se trouve sur un petit massif granitique du même nom (le département est la Saône-et-Loire).

Le cochon qui mange en liberté dans sa marmite est logé dans le réduit adossé au pignon haut. D'après son chemiser bouffant et son chignon à la mode de l'époque, la femme dans l'encadrement de la porte n'appartient pas à la couche sociale de la paysannerie. Un homme en faux-col se tient dans l'ombre un peu en arrière. Se pourrait-il que le photographe ait fait poser deux personnes qui l'accompagnaient pour donner l'impression d'une chaumière encore habitée ?

 

37 - CHAUMIÈRES DANS LA MONTAGNE CANTALIENNE

Carte postale en noir et blanc de la première décennie du XXe siècle.
Au recto : à gauche, 29.  Habitations dans la Montagne ; à droite, Le Cantal Pittoresque ; dans l'angle inférieur droit : L. Roux Edit. Aurillac.
Au verso : sous l'en-tête CARTE POSTALE, dos divisé par un double filet en partie Correspondance à gauche et partie Adresse à droite ; dans la partie Correspondance s'inscrit l'avertissement suivant : « Tous les pays étrangers n'acceptent pas la correspondance au recto, se renseigner à la Poste ».

La carte représente un ensemble de maisons rurales du Cantal encore couvertes de chaume sauf une (sur la gauche) qui est couverte d'ardoises. Une autre édition de la carte précise la situation géographique des bâtiments : les « environs d'Aurillac ».

Cette vue nous donne une idée de ce à quoi devaient ressembler les villages de France avant la popularisation des matériaux de couverture non végétaux (lauses, ardoises, tuiles plates ou creuses) à partir du milieu du XXe siècle.

 

NOTES

(1) Le qualificatif « vernaculaire » appliqué à l'architecture rurale ou urbaine est compris généralement comme étant synonyme de « traditionnel » ou « ancestral », termes qui ne veulent plus rien dire tant ils sont galvaudés. Sur le sens exact et précis de « vernaculaire  » dans le domaine qui nous concerne, voir notre article L' « architecture vernaculaire » : essai de définition, dans L'Architecture vernaculaire, sup. No 3, 1983, p. 114, ou encore sa version en ligne dans le présent site.

(2) La rue de Torcy est une vieille rue du village de la Chapelle. Elle s'appelait, de 1540 à 1704, rue du Bon-Puits, et conduisait au village de La Villette. Sa partie orientale a été absorbée par le chemin de fer de l'Est et sa partie occidentale a reçu, en 1867, le nom actuel. Cf. Jacques Hillairet, Connaissance du vieux Paris. Rive droite, rive gauche et les îles, les villages, éditions princesse, Paris, 1953-1954, section Les Villages, p. 173.

(3) Il s'agit de Pierre-Victor de Besenval, commandant militaire de l'Île-de-France, des provinces limitrophes et de la garnison de Paris, accusé d'avoir voulu assiéger Paris et médité l'incendie de la ville et le massacre de ses habitants.

(4) Sur ce thème, voir : Alain Boucharlat, Savoie, éditions Bonneton, 1997, 319 p., en part. p. 66 : « La cohabitation hommes et bêtes » ; également : Jean ROBERT, Un type de cohabitation avec les animaux. La maison rurale de Saint-Martin-de-Belleville, dans Revue de géographie alpine, t. 21, 1933, pp. 819-839.


Pour imprimer, passer en mode paysage
To print, use landscape mode

 

©  CERAV
Le 18 août 2019 / August 18th, 2019 - Complété le 20 août 2019 / Expanded August 20th, 2019

Référence à citer / To be referenced as :

Christian Lassure
Analyse de bâtiments anciennement vernaculaires visibles dans des cartes postales anciennes (Analysing formerly vernacular buildings appearing in old postcards)
http://www.pierreseche.com/analyse_batiments_vernaculaires.htm
18 août 2019

page d'accueil                     sommaire architecture vernaculaire