RECENSION 3 / REVIEW 3

LES MURS EN PIERRE SÈCHE (...) EN PAYS GAULOIS

Parution initiale dans L'Architecture vernaculaire, tome 19, 1995

 

Bernard Fèvre, Les murs en pierre sèche. Comment retrouver fortifications et sépultures en pays gaulois, dans Actualités de l'histoire mystérieuse, juillet 1994, pp. 11-115 (compte rendu : Christian Lassure).

Fondateur de l'« Association Alexandre Parat pour la sauvegarde et l'aménagement du patrimoine » (adresse : rue du Vaux Marin - 89420 GUILLON), Bernard Fèvre est de ces chercheurs perpétuellement en quête de murs en pierre sèche hors sol qui soient de préférence bi- voire tri-millénaires. Il ne se laisse donc pas berner par de vulgaires « structures en pierre sèche » — épierrements d'agriculteurs, avec aménagements de murs, de terrasses pour soutenir les terres, et [pouvant] comporter des abris en pierre — qui datent « de seulement deux à quatre siècles ».

Il lui faut des murs — uniquement de défense ou d'enceinte — construits en pierre non gélive et remontant à la période de La Tène (2e âge du fer, de « 500 av. J.C. à 0 ») [pas une minute de plus !]. Pour cela, il lance un appel à l'identification et au recensement des structures en pierre sèche, assortissant son appel d'un certain nombre d'indications, de conseils devant faciliter la tâche de ses informateurs; citons, entre autres :

- « Les murs antiques ont souvent une largeur minimum de 2 m, qui permet de les distinguer de murs récents qui ne dépassent pas 80 cm » (méthode d'une grande rigueur scientifique...);

- « Les abris qui comportent des cheminées sont postérieurs au XIIe siècle » (ceux qui n'en ont pas, c'est-à-dire la quasi-totalité, seraient donc antérieurs au XIIe siècle ?);

- « Si lors de vos recherches, vous avez oublié double mètre ou décamètre, sachez qu'une enjambée moyenne fait 0,75 m. Partez du pied gauche [Est-ce bien raisonnable ?] et comptez le nombre de fois où vous avez posé le pied droit sur le sol. Vous obtiendrez ainsi le nombre de pas (deux enjambées, soit 1,50 m) que vous multiplierez par 1,50 m. Ainsi faisaient les Romains » [Et les Gaulois, comment faisaient-ils ?].

Un peu plus loin, l'on apprend que « pour tailler la pierre, les hommes de la préhistoire disposaient de haches de pierre, ceux des âges postérieurs de bronze, et de fer » [Chantaient-ils « Si javais un marteau » ?].

L'article s'orne de la photo — non légendée — d'une cabane au toit moussu dont on se demande ce qu'elle est censée illustrée : les vestiges lithiques agricoles modernes ou les vestiges lithiques antiques ?

Devant un tel étalage d'absurdités, comment ne pas être pris d'un rire inextinguible. Mais pouvait-on s'attendre à autre chose d'un articulet figurant dans une revue dont le fonds de commerce est le prétendument mystérieux, énigmatique ou insolite ?

NOTE

(1) Sur les travaux de l'abbé Parat concernant certains sites à vestiges lithiques du département de l'Yonne, on se reportera utilement à la mise au point suivante : Pierre Haasé, Bibliographie analytique et critique des ouvrages traitant des vestiges lithiques d'origine agricole en Bourgogne, dans L'A.R.P.S., t. 1, 1977, pp. 166-182, et en part. pp. 168-169.


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© CERAV

Référence à citer / To be referenced as :

Christian Lassure
Compte rendu de Bernard Fèvre, Les murs en pierre sèche. Comment retrouver fortifications et sépultures en pays gaulois, dans Actualités de l'histoire mystérieuse, juillet 1994, pp. 11-115
http://www.pierreseche.com/recension_3.html

Parution initiale dans L'Architecture vernaculaire, tome 19, 1995

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