COMPTE RENDU / REVIEW

Camillo Crocamo, Le tipologie di architettura rurale nel Parco Nazionale del Cilento, Vallo di Diano e Alburni, Globus snc, Vallo della Lucania (Salerno), 2015

Sergio Gnesda

version italienne

I - La publication

À l’occasion de son séjour à Paris en novembre 2016, l’architecte Camillo Crocamo nous a remis le premier numéro de la série Le tipologie di architettura rurale nel Parco Nazionale del Cilento, Vallo di Diano e Alburni. Intitulé Le Microarchitetture (1), cet ouvrage est constitué de deux fascicules, intitulés pour le premier, Approfondimenti, et pour le second, Schede.

Le Parc du Cilento, du Val de Diano et d’Alburni est un parc national italien situé dans la province de Salerne, en Campanie. Créé en 1991, il est inscrit depuis 1998 sur la liste du patrimoine mondial de l'humanité établie par l'Unesco et il est reconnu en tant que réserve de biosphère depuis 1997. Il est le premier parc national italien à être devenu géoparc (2).

Parc national du Cilento, du Val de Diano et d’Alburni

Aux XVIIe et XVIIIe siècles, les marchands et les artisans, après avoir acheté des terres aux nobles et au clergé, ont aménagé celles-ci pour y entreprendre des cultures. Cela s’est traduit par la construction principalement de terrasses de culture, de ponts, d’ouvrages de récupération de l’eau, de moulins, etc. Les habitants du Cilento ont exploité ces ouvrages jusqu'à la fin des années 1950, où l’agriculture a cessé d’être rentable.

Le fascicule I (« Approfondissements ») présente les caractéristiques des ouvrages classés par type fonctionnel. Chaque ouvrage est étudié dans son cadre en identifiant la fonction pour laquelle il a été construit et en déterminant le statut social de la famille à laquelle il appartient.

Le fascicule II (« Fiches ») rassemble les fiches individuelles des ouvrages propres à chacune des sept communautés de montagne du Parc (3).

L’auteur n’a recensé que les ouvrages les plus importants (759 fiches !) et n’a pris en considération que ceux n’ayant pas subi de reconversion. Son travail, fruit de 40 ans d'enquêtes sur le terrain, d’entretiens avec des anciens et de souvenirs personnels, vise à faire ressortir l'importance de ce patrimoine.

Le fascicule I – Approfondissements

Le premier fascicule, de près de 200 pages, comporte 16 chapitres :

1/ les terrasses à mur de soutènement, les banquettes, les demi-ronds, les rayons, 2/ les chemins caladés, 3/ les ponts en pierre et les passerelles en bois, 4/ les lieux de culte isolés, 5/ les abris temporaires, 6/ les aménagements pour la récupération de l’eau, 7/ les moulins à eau, 8/ les moulins à huile, 9/ les fours à chaux, 10/ les fours de potier, 11/ les fours à pain et les fours de séchage de figues, 12/ les fouloirs à raisin, 13/ les aires à dépiquer, 14/ les clôtures et portails en bois, 15/ les jardins clos et 16/ les portails d'accès aux propriétés agricoles.

Ces 16 chapitres sont suivis d’une bibliographie raisonnée (4).

Le fascicule II – Fiches

Le deuxième fascicule recueille les fiches, chacune d’elles étant divisée en trois sections :
- photographique (cinq photos),
- cartographique (deux cartes cadastrales historiques),
- analytique (localisation et accessibilité, classification et état actuel).

Chacune des sept communautés du Parc est identifiée dans une carte générale ; une deuxième carte identifie les communes de chaque communauté ; une troisième carte, de type carte routière, indique la position de chaque ouvrage.

Les fiches, qui sont organisées de façon à montrer l’ensemble des ouvrages d'une commune, peuvent servir de guide pour visiter le Parc.

Les fiches ci-dessous illustrent quelques ouvrages mentionnés dans le volume I.

Fig. 1 - Insulae : commune de Castelcivita (p. 19)

 

Fig. 2 - Four pour sécher les figues : lieu-dit Farmeta, commune de Perito (p. 229)

NOTES

(1) Par « microarchitectures », l’auteur entend les petits bâtiments ruraux (cabanes, bergeries, ateliers artisanaux, églises de campagne, etc.) et les ouvrages d’aménagement des terroirs (ouvrages de captation de l'eau, terrasses de culture, chemins, etc.).

(2) Parc d’intérêt géologique, membre du réseau des géoparcs soutenu par l’Unesco ; un espace territorial présentant un patrimoine géologique d’importance internationale.

(3) Les deux fascicules, édités sous la direction d’Elisabetta Floreano, sont imprimés sur papier glacé et d'une présentation très soignée. Le premier comporte des photos pleine page qui permettent d’apprécier la beauté des vestiges ainsi que leur intégration dans le paysage. Les relevés et les dessins sont d’une grande précision.

(4) Des résumés en français et en anglais à la fin de l'ouvrage auraient été les bienvenus.

II - Panorama des petits bâtiments et ouvrages ruraux du Parc national du Cilento, du Val de Diano et d’Alburni, province de Salerne, Campanie

1 - Les terrasses à mur de soutènement, les banquettes, les demi-ronds, les rayons (pp. 13-26)

Les techniques d’aménagement des terrains pentus rencontrées dans la région du Parc du Cilento sont les terrasses (terrazze), les banquettes (gradoni), les demi-ronds (lunette), les rayons (ciglioni).

Le choix de la technique est fonction de la morphologie du terrain et de la culture.

Les terrasses des vignobles sont orientées de manière à recevoir l'ensoleillement maximum tandis que les banquettes ou les demi-ronds des oliveraies, qui n’occupent que de petites surfaces, correspondent à une bonne ventilation et une humidité plus élevée.

Les terrasses les plus larges sont soutenues par de gros murs dont l’épaisseur dépasse parfois les 5 mètres à la base.

Les demi-ronds se rencontrent en terrain pentu autour d'un arbre (voire de deux ou trois), ils retiennent la terre et évitent aux racines d'être dénudées par les eaux de ruissellement.

Les rayons, qui sont formés par l'accumulation naturelle de terre sur des pentes douces, servent de terres arables et de pâturages.

Fig. 1 - Demi-rond entre des banquettes : commune de Castelcivita (p. 23).

2 - Les chemins caladés (pp. 27-32)

Jusqu'aux années 1960, un réseau dense de chemins muletiers et de drailles reliait les agglomérations urbaines et les zones de la côte à celles de l'intérieur. Ce qui reste de ces anciennes routes, ce sont les ouvrages de drainage et d’évacuation des eaux de ruissellement. Tous les 50 mètres, il y avait des coupe-eau obliques qui interceptaient l'eau pour la diriger vers la pente en aval. La chaussée était composée de trois subdivisions de grandes dalles mises en place sur une couche de sable ou de gravier compactée.

Pour escalader les pentes, on a aussi construit des marches ou on en a taillées dans des affleurements rocheux.

Fig. 2 - Chemin caladé : Commune de Novi Velia (p. 29).

3 - Les ponts en pierre et les passerelles en bois (pp. 33-48)

Pour les petites communautés agricoles du Cilento, la construction d'un pont de pierre constituait un effort financier important. Pour cette raison, les ponts en « dos d’âne », d’environ un mètre de large, enjambant des gorges profondes, sont assez rares.

Fig. 3 - Pont sur la rivière Calore, lieu-dit Magliano (p. 37).

 

 Fig. 4 - Pont sur la rivière Calore, lieu-dit Magliano (p. 37).

Des passerelles en bois étaient suffisantes pour franchir les cours d’eau des zones de flysch (1) du Cilento. Ces structures précaires ont presque toutes disparu car elles nécessitaient un entretien continu et important (surtout après de fortes pluies).

Fig. 5 - Passerelle en bois, lieu-dit Cannalonga (p. 47).

4 - Les lieux de culte isolés (pp. 49-60)

Ils se distinguent en fonction de leur emplacement et du rôle qu’ils jouent au sein du territoire.

Les ermitages
Ce sont de grandes cavités naturelles qui se trouvent dans des zones calcaires. À l’intérieur il y a un autel, un puits pour recueillir l'eau de percolation et un grabat. Ils sont nommés d'après le saint vénéré ou le toponyme.

Les chapelles rupestres
Ce sont des petites grottes transformées en chapelles par la construction d'un autel et parfois dotées d’une grille métallique de protection. Elles se trouvent dans des lieux difficilement accessibles. Elles sont encore aujourd’hui lieux de pèlerinage.

Les chapelles de campagne et de montagne
Elles se situent le long des routes qui relient les différentes villes ou villages et le long des chemins qui mènent à la campagne ou à la montagne. Ce sont des bâtiments isolés dans les plateaux en altitude. Celles qui subsistent sont encore fréquentées au moins une fois par an pour y célébrer le saint patron auquel elles sont dédiées. Ce sont des ouvrages très simples consistant en une seule pièce couverte par un toit à deux versants.

Les églises de campagne
Elles sont situées à courte distance des villages et construites, aux XVIe et XVIIe siècles, sur des fondations de lieux de culte antérieurs. Ce sont des bâtiments de plan rectangulaire avec nef, abside et clocher.

Les chapelles nobles
Elles ont été construites par des familles nobles aux XIXe et XXe siècles en dévotion aux saints patrons et à la Vierge. Elles sont proches des villages et dans des endroits où le passage est plus important. Ce sont de grands bâtiments souvent avec pronaos et clocher. Les intérieurs sont bien finis et présentent, sur les murs et le sol, des décorations qui expriment l'importance de la famille à laquelle elles appartiennent.

Fig. 6 - Ermitage de San Biagio – Camerota (p. 52).

5 - Les abris temporaires (pp. 61-68)

On distingue :

- les terrate, qui se composent d'un mur en pierre sèche au couronnement à deux pentes fait de grosses branches couvertes de terre ; ils servent d'abri par mauvais temps ;

- les catuoi (sing. catuoio), qui sont en pierre sèche ou maçonnée et à couverture de tuiles canal ; ils servent à abriter les animaux et à héberger les bergers ;

- les pagliari, qui sont en pierre sèche dans la partie inférieure, le haut étant constitué de tiges de jeunes plantes ;

- les pagliarieddi, qui sont entièrement en paille.

Dans les montagnes, les pagliari et les pagliarelli étaient des cabanes mais aussi des resserres où les bergers gardaient les outils de la transformation du lait.

Fig. 7  Abris temporaire – Lieu-dit Roccadaspide (p. 62).

6 - Les aménagements pour la récupération de l’eau (pp. 69-91)

La répartition inégale des précipitations pendant l'année et l'absence d'un système rationnel et efficace de canaux a forcé les propriétaires des fonds agricoles et les bergers à construire divers aménagements.

Le système de collecte des eaux de pluie provenant des toits (pp. 69-73)
Le système de collecte des eaux pluviales des toits, typique du Cilento, se compose d'une rangée de tuiles creuses renversées, disposée sous les rives en pente douce et soutenue par des corbeaux en pierre fichés dans les murs. L'eau était ensuite acheminée par l'intermédiaire de descentes en terre cuite encastrés dans les murs, jusqu'à des citernes placées à l'intérieur ou à l'extérieur des maisons.

Fig. 8 - Collecte des eaux de pluie provenant des toits - Lieu-dit Sant’Angelo a Fasanella (p. 71).

Les réservoirs de collecte d'eau (pischere) (p. 73)
Construits en maçonnerie et enduits, ils recevaient les eaux des canalisations (levate) et l’eau de ruissellement. De plan rectangulaire, ils faisaient 8 x 8,5 x 1,5 mètres en moyenne et étaient situés en amont des champs et potagers à irriguer.

Les canalisations (levate) (pp. 74-76)
Dans les zones faiblement perméables où domine le flysch, l'eau des petites rivières a été dérivée vers les champs cultivés au moyen de canalisations maçonnées ou creusées directement dans le sol.

Les citernes (cisterne) (pp. 77-78)
Elles ont été construites en briques et enduites de mortier hydraulique. La couverture était avec voûte en dôme pour les plus petites et voûte en tonneau pour les plus grandes.

Les puits (pozzi) (pp. 79-80)
Ils se répartissent en deux types : le puit simple, qui recueille les eaux de ruissellement ou l'eau drainée par le sol, et le puits phréatique, qui capte l'eau de la nappe phréatique souterraine. Tous les deux ont leurs parois en pierre pour contrecarrer la pression latérale. Dans certaines régions montagneuses, il y a de nombreux petits trous en terre qui étaient destinés à apaiser la soif des animaux et à préparer le sulfate de cuivre pour traiter les vignes contre le mildiou.

Les abreuvoirs (abbeveratoi) (pp. 81-82)
Ils sont de forme rectangulaire et en maçonnerie de blocs taillés ou bien creusés dans des troncs de hêtre posés sur des fourches. Les abreuvoirs de montagne sont conçus pour abreuver le bétail et se divisent en bassin simple (le plus courant), en bassin à chute ou en bassins en cascade (de trois à huit bassins). Dans les régions où le sol est du calcaire, les abreuvoirs sont construits à proximité des sources et leur présence a influencé les chemins de transhumance. Dans certaines régions, on remplit les abreuvoirs avec des seaux, en utilisant l'eau provenant des bassins ou des puits à ciel ouvert environnants.

Les fontaines (fontanili) (pp. 82-87)
Chaque village était équipé d'une ou de plusieurs fontaines publiques situées le long des rues de transit ou près d’une source. Les fontaines étaient divisées en compartiments : celui près de la source était la fontaine d’eau potable, puis venaient le bâtiment de lavage avec ses plans en pente et, enfin, l'abreuvoir pour les animaux. Elles ont été rendues caduques par le réseau d’adduction d'eau dans les années 1960.

 Fig. 9 - Abreuvoir en cascade - Lieu-dit « Fonte di San Tommaso » (p. 81).

     

Fig. 10 - Fontaine d’eau potable, bâtiment de lavage, abreuvoir – Lieu-dit Roccagloriosa (p. 86).

Les glacières (nevere) (pp. 90-91)
Les glacières, qui normalement se trouvaient dans les montagnes, étaient d'origine naturelle ou artificielle. Elles étaient creusées en forme d’entonnoir dans le sol ou construites avec des murs (souvent de forme circulaire) en pierres sèches. La première neige était compactée par les hommes et recouverte d'une couche de feuilles puis d'une couche de branches destinées à empêcher le vent d’emporter les feuilles. La neige suivante aidait à transformer la neige déjà compactée en glace. À l'occasion des fêtes du saint protecteur, des troupeaux d’ânes transportaient au village la glace nécessaire à la fabrication des sorbets et des glaces.

7 - Les moulins à eau (mulini idraulici) (pp. 92-119)

Au cours du Moyen Âge,  les moulins à eau se sont répandus, grâce aux moines basiliens (2), dans le Cilento en adoptant la même technologie que le reste de l'Europe. Le schéma de meulage est resté inchangé jusqu’aux années 1960. Cette longue durée a permis de trouver des spécimens en assez bon état. Les moulins étaient presque toujours situés à l'extérieur des zones résidentielles, mais pas trop loin. Les inondations ont détruit ceux qui étaient édifiés dans des gorges à proximité de cours d'eau, alors que nombre de ceux qui étaient au pied des montagnes et dans les zones à petites rivières sont encore debout.

Les moulins étaient pour la plupart à roue horizontale, les systèmes à roue verticale étant utilisés dans les moulins à huile (trappiti). La taille de l’installation de mouture était proportionnelle au débit d’eau disponible et à la production locale de céréales.

L'installation consistait en deux salles superposées placées au pied de la tour de chute. La salle du bas contenait le système hydraulique et celle du haut l’installation de mouture, dont les parties principales étaient les deux meules (palmenti) en pierre monolithique dure. Après dérivation, l'eau était amenée au moulin par un canal qui se terminait par une partie en pente très douce d’une longueur de 10 à 100 mètres. Cette partie terminale, avec vanne d'arrêt pour régler le débit d'eau, était soutenue par une série d'arcs et souvent équipée d’un ou de plusieurs réservoirs d'accumulation (refoli) situés en amont de la tour de chute. La tour de chute était une structure tronconique constituée de blocs de pierre taillés ou d'anneaux monolithiques superposés. L'eau sortait de la tour par un trou pratiqué à la base et frappait les aubes de la roue.

Le parc accueille un seul moulin à vent (pp. 114-118).

Fig. 11 - Moulin à eau – Moio della Civitella (p. 108).

8 - Les moulins à huile (trappiti) (pp. 120-144)

Les moulins à huile sont des bâtiments ou des locaux d’une habitation servant à abriter l'équipement d’extraction de l'huile des olives. Ils se divisent en fonction du type de force motrice. Les moulins installés dans des maisons de campagne ou au rez-de-chaussée des maisons seigneuriales sont à traction animale (l'âne) ; ceux presque toujours construits en association avec les moulins à eau sont hydrauliques.

Les anciens trappiti avaient une seule meule, les plus récents (entraînés par des moteurs à combustion interne ou électriques) sont à deux meules. Les meules étaient actionnées par des roues verticales ou horizontales.

Fig. 12 - Moulin à huile – San Mauro La Bruca (lieu-dit San Nazario) (p. 128).

9 - Les fours à chaux (carcare) (pp. 145-152)

Les fours à chaux (carcare, sing. carcara) étaient situés le long des routes, pour faciliter le transport des pierres et de la chaux, et là où il y avait des affleurements de calcaire et assez de bois pour faire du feu. Souvent, ils se trouvaient à proximité des moulins, le meunier exerçant également cette activité.

De forme cylindrique, ouvert vers le haut, le four avait la chambre de combustion dotée d’une voûte la séparant de la chambre de cuisson supérieure dans laquelle on plaçait la charge de roches calcaires.

Les paysans construisaient des fours à chaux rudimentaires (carcamusci, sing. carcamuscio) pour produire de la chaux pauvre, utilisée en agriculture.

Fig. 13 - Four à chaux – Monte San Giacomo (p. 149).

10 - Les fours de potier (pp. 153-161)

Dans les fours de potier on produisait des tuiles creuses (irmici, sing. irmice), des briques pleines, des carreaux, des bouteilles en terre cuite (mummulieddi) remplaçant les briques dans les cloisons, et des tuyaux. Quelques régions étaient spécialisées dans la production de briques standard et de produits céramiques de qualité.

Les éléments de base pour la production de la poterie étaient le réservoir pour le traitement de l'argile, le tour de bois, le bassin pour la préparation de la glaçure et le four de cuisson.

Le four de cuisson était de forme circulaire, doté d’une chambre de combustion ayant une voûte en forme de cône apte à soutenir la poterie de la chambre de cuisson. Cette chambre, en briques réfractaires, était couverte d’une coupole en dôme.

Les processus de cuisson et de refroidissement duraient environ dix heures chacun.

Les fours pour la cuisson de briques étaient toujours à structure cylindrique et avaient les deux chambres partiellement souterraines. Les murs contre terre étaient en pierre plâtrés avec de l'argile. La chambre de combustion était délimitée par une voûte en briques creuses qui constituait le sol de la chambre de cuisson.

Chargement et déchargement se faisaient par-dessus ; après le chargement le four était fermé par une voûte de déchets.

Les pièces à cuire étaient disposées de manière à ne pas être en contact ni avec les parois ni avec la flamme et à laisser des interstices pour le passage de l'air chaud.

Fig. 14 - Four de potier – Montecorice (lieu-dit Zoppi) (p. 160).

11 - Les fours à pain et les fours de séchage des figues (pp. 162-171)

Les fours à pain étaient présents dans presque toutes les maisons isolées. Dans les villages, ils étaient souvent utilisés en commun et placés dans n’importe quelle pièce de l’habitation. Ils se trouvaient à l'extérieur dans les zones climatiques douces mais dans la cuisine, près de l'entrée, dans la montagne.

Le four était constitué par une structure en bois sur laquelle on construisait la coquille avec des briques posées en longueur qui, en se rétrécissant, formaient la voûte. À l'intérieur, on disposait une couche isolante de mortier sur laquelle reposait le plan de cuisson en brique. À 10-15 cm du plafond était construit un autre mur de briques pour fermer et isoler la chambre de cuisson.

La bouche du four se fermait avec une porte en fer qui pouvait avoir un volet pour l'inspection. La fumée était transportée à l'extérieur par la hotte et la cheminée qui montait, le long du mur d'enceinte, jusqu’au toit.

Le four de séchage des figues était logé souvent sous l'escalier extérieur de la maison ; parfois, il se trouvait au rez-de-chaussée avec la bouche à l'extérieur ou il pouvait constituer un bâtiment indépendant parfois à deux étages. Le four de séchage était construit selon les mêmes techniques que celles du four à pain, mais avec une bouche plus large et une voûte surbaissée. Les figues blanches du Cilento, après avoir séché à l'air, étaient mises dans le four pendant une demi-heure.

Fig. 15 - Four de séchage des figues – Lieu-dit Prignano (p. 166).

12 - Les fouloirs à raisin (pp. 172-176)

Ils se trouvent le long d'une route et desservent un ou plusieurs vignobles. Ils se composent d'un ou de deux bassins creusés dans des blocs de grès ou de brèche. Ces bassins sont placés à différents niveaux et communiquent entre eux par un trou. Ils sont de forme subcirculaire ou rectangulaire.

Fig. 16 -  Fouloir à raisin – Commune de Novi Velia (p. 172).

13 - Les aires à dépiquer (pp. 177-179)

L’aire à dépiquer est une zone adjacente aux fermes et souvent bordée par un mur bas en pierre ou par une bordure de terre.

Dans les métairies et les fermes céréalières, l’aire est rectangulaire ou carrée lorsqu’elle est contiguë à l’habitation, et circulaire si elle est en pleine champ. Le revêtement de l’aire est en pierre.

Fig. 17 -  Aires à dépiquer – San Giovanni a Piro (p. 179).

14 - Les clôtures et portails en bois (pp. 180-182)

Les clôtures des parcs à ovins et caprins, aux alentours des bergeries, étaient faites de piquets et de traverses en bois. Elles étaient remontées chaque jour autour d'un nouvel olivier. Pendant la journée, les déjections des animaux fumaient le sol. Une fois les animaux sortis, la terre était retournée afin d’enterrer les déjections et d’éviter que celles-ci ne soient séchées par le soleil.

Les portails en bois étaient fabriqués selon la même technique que les clôtures.

Fig. 18 - Portail en bois – Lieu-dit Sanza (p. 181).

15 - Les jardins clos (pp. 183-188)

Le jardin potager est une petite parcelle entourée d'un muret, d’une clôture en bois ou d’une haie, et située à proximité des maisons. On y cultive des produits pour la consommation familiale. Chaque maison rurale, isolée ou dans un village, avait son jardin potager, situé souvent à l’arrière et protégé du vent. Il était fertilisé avec du fumier, des cendres et des résidus de la transformation de produits agricoles.

Le petit paysan cultivait des légumes et des herbes aromatiques ; le paysan riche avait en plus des arbres fruitiers. Le jardin potager de ce dernier était souvent disposé en terrasses et protégé par de hauts murs, la partie la plus proche de la maison faisant office de jardin d’agrément. Il avait une ou plusieurs entrées et était équipé d'un réservoir à eau (pischera) ou d’un puits. On y cultivait les agrumes, les fruits précieux et le raisin de table.

Fig. 19 - Jardin potager – Lieu-dit Controne (p. 184).

16 - Les portails des propriétés agricoles (pp. 189-193)

Les portails en maçonnerie donnant accès à des parcelles agricoles étaient très répandus dans la région de Vallo della Lucania et, en fonction de leur forme et leur taille, témoignaient du prestige des propriétaires. Il en existe quatre types.

- Le portail à élévation rectangulaire, bâti dans le même plan que le mur, est assez large pour permettre le passage des animaux de bât. La porte est à deux vantaux et pourvue d’un système de fermeture.

- Le portail à arc en plein cintre, bâti en saillie, est couvert par un toit à deux eaux. Sur le plâtre sont gravées l'année de construction et les initiales de la famille.

- Le même type que le précédent, sauf que l'arc est surmonté d'un fronton couvert par des dalles de pierre ou des tuiles. Presque toujours l'entrée est fermée par une porte en fer.

- Le portail à développement en profondeur et voûté en berceau; à l'intérieur se trouvent les armes de la famille et des décorations.

Les deux premiers types correspondent à des familles aisées et les deux derniers types à l'aristocratie foncière.

Fig. 20 - Portail – Vallo della Lucania (p. 193).

 

NOTES

 

(1) Le flysch est un dépôt sédimentaire détritique constitué par une alternance de grès et de marnes qui se sont accumulés dans un bassin océanique en cours de fermeture dans le cadre d'une orogenèse (formation de montagnes).

 

(2) Un moine basilien est, au sens strict, un moine suivant la règle de saint Basile. Cependant le terme désigne souvent, au sens large, tout moine d'origine byzantine.

 

Pour tout renseignement, écrire à :

Ente Parco Nazionale del Cilento,

Vallo di Diano e Alburni, Palazzo Mainenti

84078 Vallo della Lucania (SA)

ITALIE


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© CERAV
Le 21 mai 2017 / May 21st, 2017

Références à citer / To be referenced as :

Sergio Gnesda
Compte rendu de Camillo Crocamo, Le tipologie di architettura rurale nel Parco Nazionale del Cilento, Vallo di Diano e Alburni, Globus snc, Vallo della Lucania (Salerno), 2015
http://www.pierreseche.com/parco_del_cilento_2.htm
21 mai 2017

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