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Dans son état
actuel, cette chabane en pierre sèche illustre la déchéance de nombre
de cabanes périgourdines à toiture de lauses : toutes les grandes dalles
de rive à la base du couvrement caliciforme ont disparu; de même, les
lauses du coyau et de plusieurs assises au-dessus ont été retirées, mettant
à nu des portions de l’extrados irrégulier de la voûte d’encorbellement.
Les effets de ces
blessures se font sentir sur le restant de la structure : les lauses
au-dessus des arrachements sont en équilibre instable, une large brèche
s’est ouverte au flanc du corps de base, à droite de l’entrée. Quant
à la paroi à gauche de l’entrée, elle a été remontée tant bien que mal
par le propriétaire après un premier éboulement.
La ruine
de cette cabane ne date pas d’hier : déjà, en 1985, lors de son étude
par le CERAV, l’épi et la dalle coiffant la toiture avaient disparu, les
plages d’arrachement dans la couverture de lauses étaient déjà visibles et
il ne subsistait plus que quelques lauses de rive.
L’édifice
est donc condamné, et sa survie se mesure désormais en années, l’eau
s’infiltrant dans la maçonnerie du corps de base. Il ne restera plus de cette
chabane que quelques photos et un relevé.
La cabane
se décompose en une base cylindrique (hauteur extérieure : 2 m, diamètre
extérieur : 3 m 85, épaisseur de la paroi : 1 m) et un couvrement
caliciforme (hauteur : 2 m 83) à la rive en débord, coiffé par un épi en
pierre. L’entrée (largeur : 0 m 98, hauteur : 1 m 60) est couverte par
une pierre de taille posée de chant et par des solives de châtaignier.
Ses piédroits sont en blocs taillés de récupération. Elle est fermée par
une porte en bois.
Dans
l’habitacle, les parois sont crépies jusqu’à 1 m 80 de haut. A ce niveau,
des trous de boulins attestent l’ancienne présence d’un plancher de solives.
Au dessus, les pierres de la voûte sont liées au mortier de terre. Des
piquets, fichés dans la voûte pour y suspendre des nids, témoignent de
l’emploi de l’édifice comme pigeonnier.
A
l’opposé de l’entrée (ouverte au sud-ouest), est réservé dans la paroi
un âtre en forme de niche (largeur à la base : 1 m, hauteur : 1 m 22), au
sol dallé, avec conduit de fumée débouchant dans le coyau de la toiture. Le
linteau porte dans un cartouche le millésime 1894 au-dessus des initiales B. J.
(1). Font écho à cette inscription, des dates et des cœurs gravés sur le
montant droit de l’entrée, mais peu lisibles.
(1) Au vu
de la date, ces initiales ne sont pas celles de notre confrère et ami slovène
Borut Juvanec, qui traque les cabanes dans toute l’Europe...
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