ARCHITECTURE VERNACULAIRE

CERAV

CABANE « À TOURELLE » À VILLEVIEILLE (GARD)

Hut with tower-like top at Villevieille, Gard

Texte de Christian Lassure, photos de Christian Lassure et de Dominique Repérant


Photo de Dominique Repérant © CERAV

 

A Villevieille, dans le Gard, les cabanes en pierre sèche sont appelées tout simplement cabanes, et seule une mode récente en a fait des capitelles, terme bien plus pittoresque et touristique et qui a l'avantage de faire bonne figure sur les étiquettes de produits locaux...

Par ses formes à la géométrie très appuyée, la présente cabane appartient à un type bien représenté sur la commune, celui des constructions en forme de parallélépipède surmonté d'un cylindre en retrait, œuvre vraisemblablement d'un maçon professionnel ayant exercé sur la commune dans les 2e et 3e quarts du XIXe siècle mais dont le nom s'est perdu.

On aurait tort cependant de faire de ce type très prégnant un type consubstantiel à Villevieille : il ne représente que 32,2% de l'ensemble des cabanes inventoriées, deux autres types se partageant le pourcentage restant :
- les cabanes de forme arrondie (18,8%),
- les cabanes de forme parallélépipédique, sans cylindre (48,9%).
Par ailleurs, le type se rencontre sur les communes voisines de Souvignargues et d'Aujargues.

 

© Christian Lassure

© Christian Lassure

 

L'édifice géométrique de Villevieille est remarquable par sa taille et sa finition. le corps de base, au fruit marqué, a ses angles renforcé par une alternance de boutisses et de panneresses, et son faîte souligné d'une bordure de plaquettes posées verticalement entre les pierres d'angle sommitales (hauteur du parallélépipède : 2,80 m).

L'entrée se remarque surtout à son système de décharge du linteau : un vaste vide formé par une petite dalle posée sur deux encorbellements symétriquement opposés, sage précaution au vu de la minceur de la grande dalle qui fait office de linteau.

Le cylindre en retrait qui coiffe l'édifice, fait penser davantage à un tambour qu'à une "tourelle", terme souvent employé dans la bibliographie pour le décrire. Lui aussi s'orne, sur tout son pourtour, d'un hérisson de plaquettes.

 
© Christian Lassure
 

La souche de cheminée, revêtue de pierres saillantes, qui s'élève au-dessus d'un des angles, dénote dans le tableau : c'est un rajout qui remonte au début des années 1990. Depuis, l'engin a perdu quelque peu de sa superbe, à savoir son couvercle porté par deux billettes.

Outre une cheminée, notre bâtisse comporte, à l'intérieur, deux fenestrons, une banquette de pierre, une cavité de rangement. De plus, les parois sont crépies.

La parcelle en bordure est (ou était) une olivette. En 1996, lors de notre passage, l'édifice était encore en usage.

 
© Christian Lassure
 

Il faut croire que la renommée de cette cabane villevielloise a dépassé les frontières puisque des étudiants québécois sont passés l'admirer en 1996, non sans faire une pause photo sous un beau soleil..

Source :
- Françoise Bornet, Les cabanes de Villevieille (Gard). 101 capitelles en Languedoc, C. Lacour éditeur, Nîmes, 1992.


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© CERAV

Le 19 novembre 2006 / November 19th, 2006

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