BIBLIOGRAPHIE D'ARCHITECTURE RURALE

JEAN-LUC OBEREINER

 

1975

Avec Jean-Louis Nespoulous (photos), Quercy de toujours, vol. 1 de « Les Albums de Quercy-Recherche », Éd. Quercy-Recherche, 1975, 128 p.

1976

Les cheminées et leur bon fonctionnement, in Quercy-Recherche, N° 12, juin-juillet 1976, pp. 14-23

1977

Avec Jean-Louis Nespoulous (photos), Bolets et pigeonniers des maisons lotoises, in Quercy-Recherche, N° 18, juin-juillet 1977, pp. 12-26

Éléments pour servir à l'étude statique des voûtes de pierres sèches à encorbellements, pp. 28-36 + 3 pl. h. t., in Christian Lassure, Essai d'analyse architecturale des édifices en pierre sèche, in L'architecture rurale en pierre sèche, suppl. N° 1, 1977,  pp. 1-60, 20 figs. h. t.

Espédaillac-Sainte-Eulalie, août 1977 : repas lors du tout premier stage pierre sèche à être organisé en France. Jean-Luc Obereiner (lunettes noires) en grande conversation avec Christine Hawkhead. Jean-Pierre Nouveau préside la tablée. (© Christian Lassure).

1978

Les carrières de Crayssac [Lot], in Quercy-Recherche, N° double 23-24, juillet-août-septembre 1978, pp. 46-51

1979

Avec Jean-Louis Nespoulous et Michel Arsandaux, Couleurs du pays lotois, vol. 3 de « Les Albums de Quercy-Recherche », Éd. Quercy-Recherche, 1979, 103 p.

1980

Épis de faîtage en Quercy : technique et symbolisme, Éd. du Comité de diffusion de la recherche quercynoise, 1980, 64 p. (extrait de Quercy-Recherche, N° double 35-36, 1980, pp. 97-159)

À propos des maisons lotoises et des livres qui leur sont consacrés, in Quercy-Recherche, N° 32, janvier-février 1980, pp. 70-73

Une gariotte à toit pyramidal à Faycelles [Lot], in Quercy-Recherche, N° 34, mai-juin 1980, pp. 16-19 (C. R. de Christian Lassure in L'A.V.R., t. 4, 1980, pp. 154-155)

Épis de faîtage en Quercy : technique et symbolisme, in Quercy-recherche, N° double 35-36, juillet-octobre 1980, pp. 97-159

1981

À propos des entrées de champs mégalithiques du causse de Gramat, in Quercy-Recherche, N° double 38-39, janvier-février-mars-avril 1981, pp. 18-30

Contribution à la connaissance des couvertures végétales en haut Quercy, 1re partie : les loges, les petites constructions, les cabanes, in Quercy-Recherche, N° 40, mai-juin 1981, pp. 44-71 (C. R. de Christian Lassure in L'A.V., t. 6, 1982, p. 91)

avec Alfred Cayla (Dr.), L'architecture vigneronne, in Vigne et vin, culte et culture, livret de l'exposition de Cahors, juillet-août-septembre 1981, Secrétariat des objets mobiliers du Lot, Cahors, supplément à Quercy-Actualité, N° 7, juillet 1981, pp. 62-68 (C. R. de Christian Lassure in L'A.V., t. 6, 1982, p. 90)

avec S. Mauroux et J.-M. Sindou, Linteaux en Quercy : technique et symbolisme, in Quercy-Recherche, N° double 41-42, juillet-août-septembre-octobre, 1981, pp. 110-133

Contribution à la connaissance des couvertures végétales en haut Quercy, 2e partie : la chaumière de Laville (Lavercantière), in Quercy-Recherche, N° 43, novembre-décembre 1981, pp. 11-19 (C. R. de Christian Lassure in L'A.V., t. 6, 1982, p. 92)

Avec Christian Lassure, Une loge d'habitation du début du XIXe siècle à Laville, commune de Lavercantière (Lot), in L'architecture vernaculaire, t. 5, 1981, pp. 59-65

1982

Compte rendu de Christian Lassure, La tradition des bâtisseurs à pierre sèche : la fin de l'anonymat, Études et recherches d'architecture vernaculaire, N° 1, 1981, 38 p., in L'A.V., t. 6, 1982, p. 40

Contribution à la connaissance des couvertures végétales en haut Quercy, 3e partie : Les granges et leurs charpentes, in Quercy-Recherche, N° 44, janvier-février 1982, pp. 37-81, (C. R. de Christian Lassure in L'A.V., t. 6, 1982, pp. 92-93)

Contribution à la connaissance des couvertures végétales en haut Quercy, 4e partie : Mentions bibliographiques, tradition orale, 5e partie : Les maisons d'habitation, 6e partie : Éléments techniques, in Quercy-Recherche, N° double 45-46, mars-avril - mai-juin 1982, pp. 52-57, 58-62, 63-71

Notes à propos de quelques charpentes Philibert de l'Orme en Quercy, in Quercy-Recherche, N° double 47-48, juillet-août - septembre-octobre 1982, pp. 97-118

La grange-étable à abside de Laboudie à Viazac (Lot), in L'architecture vernaculaire, t. 6, 1982, pp. 70-75

Les arbres-haies du Lot, in Quercy-Recherche, N° double 47-48, juillet-août-septembre-octobre 1982, pp. 78-81

Notes d'architecture rurale. Contribution à la connaissance des couvertures végétales en haut Quercy, 7e partie, Compléments documentaires, in Quercy-Recherche, N° double 49-50, novembre-décembre 1982 - janvier-février 1983, pp. 80-90

1983

Notes d'architecture rurale. Contribution à la connaissance des couvertures végétales en haut Quercy, 8e partie, Dévaluation subjective des couvertures de chaume, in Quercy-Recherche, N° 51, mars-avril 1983, pp. 77-87

Avec Mireille Bénéjeam et Hamid Blurfruchan, Les occupations troglo- et semi-troglodytiques de l'espace rural lotois, première partie, in Quercy-Recherche, N° 51, mars-avril 1983, pp. 14-41

La briqueterie-tuilerie de Boissières [Lot] de 1847 à 1975, in Quercy-Recherche, N° 51, mars-avril 1983, pp. 42-51

Dans la maison lotoise du XIXe sècle : emplacements relatifs de la cheminée et de l'évier, in Quercy-Recherche, N° 55, novembre-décembre 1983, pp. 120-131

Un puits à balancier dans le Ségala, in Quercy-Recherche, numéro double 49-50, novembre-décembre 1982 et janvier-février 1983, pp. 24-29.

1984

Inscription sur une tuile plate, in Quercy-Recherche, N° double 57-58, mars-août 1984, p. 83

1985

Éléments pour servir à l'étude statique des voûtes de pierres sèches à encorbellements (réédition), in L'architecture vernaculaire, t. 9, 1985, pp. 53-62 (reprise de l'étude insérée in : Christian Lassure, Essai d'analyse architecturale des édifices en pierre sèche, in L'A.R.P.S., suppl. N° 1, 1977, pp. 28-36 + 3 pl. h. t.)

L’eau et la pierre, in Le Lot, pays de Quercy (ss la dir. de Jacques Delmas), coll. « Richesse de France », Éditions J. Delmas et Cie, 1985, 149 p.

1986

Une souche de cheminée en forme de clocher-mur (à Caniac, Lot), in Quercy-Recherche, N° 63, 1986, pp. 39-40

Le musée de plein air du Quercy, in Terrain, N° 6, mars 1986, Les hommes et le milieu naturel, pp. 78-84

1988

Reliques et épaves : légitimités du musée, in La Pierre d'angle, N° 8, Spécial Lot, 1988, Association nationale des architectes des bâtiments de France

1989

Initiation à la typologie des cazelles en pierre sèche (relevés de Pascal Fournigault) [Lot], in Quercy-Recherche, numéro double 65-66, juin-septembre 1989, pp. 78-81

L'architecture rurale en Quercy, t. 1, De l'abri élémentaire à l'axe du monde, Éd. Quercy-Recherche, 1989, 100 p.

1990

Tout est dans Trou, in Le Trou (ss la dir. de Jacques Nainard, Roland Kaehr), Éd. MEN (Musée d'ethnographie de Neuchâtel, Suisse), 1990, 325 pp., pp. 59-69

Coup d'œil sur un séchoir à tabac, in Quercy-Recherche, N° 68, mars-juin 1990, pp. 16-21

Inventaire des sites troglodytiques et semi-troglodytiques de la vallée du Lot (département du Lot), étude commandée par la DRAE Midi-Pyrénées, Cahors 1990, 48 fiches techniques avec relevés, localisation, cartographie et analyse

1991

Les toits du Quercy (carte de répartition), in Quercy-Recherche, N° 71-72, juin-novembre 1991, pp. 45-53

1993

Musées et espace rural : Cuzals, musée de plein air du Quercy, tourisme profane ou anthropologie sacrée ?, in Musées et sociétés : actes du colloque national Musées et sociétés, Mulhouse Ungersheim, juin 1991 : répertoire analytique des musées de société en France, bilans et projets, 1980-1993, Paris, Direction des musées de France, 1993, pp. 71-74

1994

Caractéristiques des habitats élémentaires en Quercy, in Quercy-Recherche, N° 77, 1994

Avec Nelly Blaya (photos), Maisons et paysages du Quercy, Privat, Toulouse, 1994, 158 p. (C. R. de Genty Michel, dans Annales du Midi : revue archéologique, historique et philologique de la France méridionale, tome 108, N° 213, 1996, pp. 125-126)

Les souterrains aménagés d'Aquitaine : le cas du souterrain de Saint-Laurent-Lolmie, in Quercy-Recherche, N° double 78-79, 1994, pp. 6-39

La fontaine du Pré de Valat à Labastide-Murat, in Quercy-Recherche, N° double 78-79, 1994

Caractéristiques des habitats élémentaires en Quercy central, in Quercy-Recherche, N° 77, 1994, pp. 9-36, en part. pp. 21-22

1995

Les charpentes pour une mise en ordre des formes, des contingences statiques et des symboliques, in Le bois dans l'architecture (Actes des colloques de la direction de l'architecture et du patrimoine, vol. 14), Paris, Direction du patrimoine,1995, 371 p.

1996

Cayrous, murettes, gariottes et cazelles : le rapport de l'homme à la pierre, in Quercy-Recherche, N° 85, juillet-septembre, 1996, pp. 18-28

1997

Musée en plein air du Quercy. L'interprétation comme science-fiction, in Interprétation du patrimoine, collection « Cahiers Espaces », Éd. Espaces, avril 1997, 176 p.

2000

Collaboration à l'Encyclopédie Bonneton du Lot, coll. « Bonneton Régions », Christine Bonneton, 2000, 320 p. (rééditions en 2006 et 2011)

2004

À travers le Lot sur la trace des templiers et des hospitaliers, in Quercy-Recherche, N° 117, 2004, pp. 20-30

2009

Le domaine souterrain karstique du Lot et son importance réelle : essai de spéléométrie, in Karstologia, N° 54, 2e semestre 2009, pp. 49-55

2010

Le légendaire du massif karstique lotois (Lot), in Spelunca, N° 120, 4e trimestre 2010, pp. 21-36

À propos de l'église de Lunegarde et d'un retable avec balcon, in Bulletin de la Société des éudes littéraires, scientifiques et archéologiques du Lot, 2010, vol. 131, pp. 97-119

2013

Saint-Namphaise : paladin de Charlemagne, ermite-exorciste, martyr, Éd. Quercy-Recherche, 2013, 327 p.

2014

Merci de ne pas toucher à mon département, Éd. Quercy-Recherche, 2014

Découverte : un prêtre insermenté, ermite à Saint-Cirq Lapopie, sous la Révolution, sur le site internet La Vie Quercynoise, 20/05/2014

Avec Martine Bergues, Autour du gouffre, une approche des modes d'appropriation du milieu souterrain lotois, in Vivre sous terre, ss la dir. de Monique Bounin, Marie-Elise Gardel et Florence Guillot, Presses universitaires de Rennes, 2014, pp. 283-292

2015

Notre culture locale et la circulation des hommes, in Blog-des-Bourians, 15 septembre 205

« Le Quercy s'est enrichi des immigrants », in LADEPECHE.fr, 15/09/2015


© CERAV
16 novembre 2015

Référence à citer / To be referenced as :

Christian Lassure
Jean-Luc Obereiner : bibliographie d'architecture rurale
http://www.pierreseche.com/biblio_jean-luc_obereiner.htm
16 novembre 2015


NOTICE BIOGRAPHIQUE

Jean-Luc Obereiner par lui-même

Né le 1er janvier 1941 à Marseille.

Famille maternelle italo-provençale : le grand-père Chericoni est immigré italien (région de Florence), il crée à Marseille un atelier puis une petite usine de boissellerie dans les collines hors la ville (La Valentine).

Famille paternelle alsacienne-vosgienne (grand-père vosgien patron d'une petite filature à Epinal, famille d'origine alsacienne.
D'un côté, une famille très nombreuse, très musicienne, environnement à la Giono mais aussi « l'Usine » avec ses machines intrigantes et ses ouvrières très sympas, fréquentes visites au port car export important vers les colonies d'Afrique. De l'autre coté, une maison bourgeoise avec petit cabinet de curiosités et petit laboratoire, promenades en forêt et exploration de forts à l'abandon dans les forêts. En tout cas je m'en rends compte, deux très riches cultures familiales. J'avais pour habitude de dire que cette génétique écartelée était psychiquement difficile à vivre : en gros, l'envie méridionale de sauter allègrement les étapes / le besoin germanique de ramper sur le sujet… volatilité/fidélité, intuition/déduction, etc…

Ma jeunesse. Mon père, Jean Oberreiner, était prof de Lettres classiques à Cahors, petits moyens à la maison. Je passe mon enfance et mon adolescence à Cahors à partir de 3 ans, au lycée de filles pour les 12e et 11e, au « petit lycée » Gambetta pour 10e/7e, puis au Lycée pour 6e/sciences-ex. Latin, pas grec.

Bac à 16 ans. Nous habitons au 8 rue des Cadourques, fenêtres du nord sur les « Jardins des familles » avec l'Arc de Diane au milieu, belle maison bourgeoise, beau parc, riche vie de rue avec copains et copines, une seule voiture stationnée (rarement) dans la rue.

Pratique assidue de la spéléologie à une époque pionnière :on fait de la « première » tous les dimanches, très souvent dans la Braunhie dont tous les gouffres sont descendus. Première communication à 16 ans au premier Congrès national de Spéléologie à Cahors. Guy Astruc et moi empruntons des cordes dans le clocher de St Urcisse à Cahors pour faire des explorations en cachette du GSQ et de son sévère président Fantangié…

Initiation avec mon père au site de l'oppidum de Murcens, et à nombre de lieux lotois. J'assiste aux travaux de démolition des vestiges des thermes romains (pour les travaux du Groupe Nord), et je suis tous les jours après le lycée dans les tranchées à gratter les parois pour récupérer fragments de poteries, mosaïques, monnaies… J'y croise parfois le petit monsieur Prat (Bibliothèque Municipale) qui se désole du massacre, et j'aide au relevé d'ensemble.

En été (très longues vacances d'alors), je pratique intensivement l'escalade dans les Alpes et les pré-Alpes, ainsi que très sportivement le vélo avec mon cousin et coéquipier Jacques Senet, Suisse, Allemagne, Italie. Je reconnais un goût certain pour les prises de risque constantes.

Études supérieures à Paris. J'intègre l'École Spéciale des Travaux-Publics à Cachan. Les classes de prépa m'initient aux mathématiques dures. C'est un héritage qui me sera lourd à assumer quand je virerai côté Sciences Humaines, et qui de fait, m'empêchera de les intégrer véritablement, (universitairement).

Service militaire. Un peu ubuesque, je parviens à sortir sous-officier de l'École d'officiers de Montargis, tout à fait en queue de peloton: une honte voulue ! Je finis mon temps en Allemagne du sud, je m'y forge de beaux souvenirs, brûlants...

En début de carrière, j'intègre une grosse boite de Génie civil (GTMTP) qui me spécialise en travaux souterrains. Conducteur de Travaux puis ingénieur de chantier, puis ingénieur d'études.

Je vis l'aventure humaine, pendant trois ans, du chantier de l'aménagement hydraulique d'Émosson, à la frontière franco-suisse, des kilomètres de galerie en haute montagne avec des équipes ultra dures à cuire de mineurs de toutes nationalités …

Puis arrive l'épopée du gigantesque chantier de l'aciérie de Fos-sur-Mer, le far-West dans la Crau littorale. J'habite Arles. J'accumule les frasques romanesques savoureuses… Je suis le témoin un peu stupéfait de cette ruée vers l'or, de sa débauche de moyens humains et matériels, confronté au monde ouvrier et aux lois étranges des marchés juteux… Cette aventure me laisse un goût un peu amer. Mon intuition se confirme, je ne veux pas adhérer à ces mœurs, je suis définitivement un cow-boy solitaire.

Finalement, mon dernier chantier dans les travaux publics sera sur l'aménagement souterrain de Laval-de-Cère. J'habite alors à Laroquebrou (15) et j'en profite, étant tout proche du Lot, pour aller y passer des dimanches. C'est mon retour en Quercy. Je décide donc, plus ou moins poussé par mon employeur (premier choc pétrolier), de quitter le milieu formateur mais brutal et pauvre des Travaux-Publics et de m'installer à Padirac.

Je décroche un boulot à la Chambre des Métiers : il s'agit de créer et d'animer un regroupement d'artisans fournissant des maisons de qualité clés en main (ce sera « la maison artisanale ») ; je m'acquitte de la mission où j'apprends, en recevant de nombreux clients, à quoi ceux-ci rêvent en matière de maison.

Ensuite c'est la Chambre de Commerce qui me charge de créer puis de diriger une coopérative de carriers sur le plateau de Crayssac afin de moraliser, régulariser et rentabiliser l'exploitation des pierres plates. Très à l'aise dans ce milieu de carrières et la culture portugaise ; j'en profite pour être le premier à signaler des empreintes fossiles de dinosauriens.

Mais je commence à trouver le milieu lotois un peu endormi. Je décide de ne pas m'endormir !

Je m'installe à Cahors, dans de modestes locaux des badernes, au 39 rue Donzelle. Le nom me plaît…Ce sera mon QG pendant vingt ans.
L'envie me prend, je me dis que ce serait bien de créer la revue que j'aurais aimé recevoir, lorsque j'étais aux quatre coins de France, pour entendre parler du Quercy, mais qui ne serait ni un journal local à chiens-écrasés-et-tout-le-monde-il est-beau, ni un bulletin hyper austère de société savante privilégiant l'église et le château dans une Histoire s'arrêtant au XVIème siècle (c'est ma vision des choses à ce moment là). Ce sera « Quercy-Recherche ».

L'ambition de départ était le Lot : toutes disciplines, valorisation particulière des sciences humaines, et du « petit » patrimoine, 4 numéros  par an, diffusion professionnalisée « en kiosque », bénévolat des auteurs et photographes, régime associatif, création assoc JO du 13/12/1973. Premier numéro été 1974.

J'y connais de très nombreuses aventures éditoriales, patrimoniales,…. Il aurait été bon d'enregistrer JLO… Dernier n° de la revue en 2008 (n° 131).

Je m'investis dans la recherche concernant l'architecture rurale. J'aime à expliquer pourquoi : je m'intéresse au Quercy et tout spécialement aux maisons et bâtiments divers. J'observe sur le terrain et lis la littérature ; je m'aperçois, grâce à ma formation initiale, que les auteurs ont perçu l'architecture rurale comme un objet sensible, esthétique, certes utilitaire mais réductible à des formes, des couleurs, etc.… Je me mets donc à l'observer sous l'angle de sa génétique technique ; mais alors je m'aperçois que des éléments ne sont pas réductibles à celle-ci et je découvre la part symbolique des choses, puis de fil en aiguille l'Ethnologie.

En résumé, je crois que je passerai ma vie à déplorer l'ingénieur (trop technique), l'architecte (trop esthétique), et l'ethnologue (trop peu scientifique).

Je publie de nombreux articles pour affirmer que la charpente est essentielle à la compréhension de tout le reste de la construction. J'assure 2 ou 3 ans un petit cours à L'UP 6 (école d'archi) de Paris-la-Villette (en collaboration avec Hervé Filipetti) et la responsabilité pédagogique de nombreux stages de celle-ci dans le Lot. Une période encore riche de rencontres passionnantes.

Quercy-Recherche aura été la première à organiser des petits stages locaux d'initiation pratique à la pierre sèche. Tentative de mettre sur pied avec Mariette Bonnet un beau programme de formation au patrimoine pour les gens du tourisme, ça fonctionne un an, et c'est plébiscité par les personnels de Syndicats d'Initiative, mais ça va sur les plates-bandes du GRETA et surtout de l' ADEFPAT et du CDT ? Alors plus de crédits…

En 1979, je rachète à un brocanteur de Cajarc une ruine de manège enfantin des années 50. Je passe un an à St-Michel-de-Cours à le restaurer. Je retrouve le vieux forain, qui me donne sa tournée (condition sine qua non pour intégrer le milieu). Je passe avec plusieurs copains qui ont eu envie de rejoindre l'aventure, trois saisons de trois mois à le monter et démonter sur des places de village du Lot. Nous inventons d'autres « métiers » (loterie, pêche au canard, jeu de massacre). J'apprends que le forain (j'ai pris tenue et manières) est craint et méprisé par les maires, aimé par les enfants (surtout la foraine) et suscite une méfiance des mères. Quand le manège tourne il n'y a plus que la foraine et les gosses (et le pompon du Mickey). Et il tournera longtemps. Beaucoup appris sur la relativité des rapports sociaux et humains… Encore un livre de belles anecdotes à écrire.

1982. Au bout de 8 années de parution de QR et de fréquentations des auteurs, je constate que l'Ethnologie est le parent pauvre et que le souci de conservation ethnographique dans le Lot est quasi nul. S'ajoute à cela la découverte du Musée de plein air de Copenhague : j'en reviens avec le projet de conservatoire quercynois des cultures locales.

Nous travaillons d'arrache-pied avec François Don. Le dossier est négocié avec la Drac et à Paris avec le tout nouveau ministère Lang. Nous sommes comme des poissons dans l'eau rue de Valois où nous sommes reçus à bras ouverts. Tout projet résolument novateur (mais bien ficellé) est bienvenu, et nous ne manquons ni d'idées ni d'ambition. Toutefois, il n'est pas aisé d'imposer par exemple la notion de plaisir, avec bar et restaurant au cœur du musée… La recherche d'un lieu aboutit à Cuzals. Je connais l'endroit de longue date, sa proximité de Cabrerets-Pech-Merle, St-Cirq-Lapopie semble idéale, et son famélique château en ruine fascinant. Etc…, etc, … (qui voudra enregistrer cette histoire? Il est bien tard…).

Je ne passe pas de marchés avec des entreprises mais je recrute du personnel et fais donc ce que je veux, très vite et à bas coût. Le Musée de Plein Air du Quercy-Cuzals ouvre après deux ans de travaux le1er juillet 1985.

J'en assure la direction et la gestion pleines et entières. Cuzals sera rapidement Musée Contrôlé labellisé Ministère de la Culture. Simultanément, je crée un Centre Permanent d'Initiation à L'Environnement (CPIE). Membre du Conseil d'administration de la Fédération nationale des CPIE (UNCPIE). À cette époque, je participe à l'émergence de la Mission du Patrimoine Ethnologique (Elizabeth Lévy, Isabelle Longuet, Alain Morel, Christine Langlois de « Terrain », discussions épiques autour de ce titre…). Plusieurs colloques et séminaires seront organisés à Cuzals. Je participe également avec Emilia Vaillant à la naissance puis à la croissance de la Fédération des Écomusées et Musées de société, dont je décline la présidence. Je m'honore d'une amitié durable avec Jacques Hainard, avec de mémorables séjours en Suisse…

Nombreuses missions : expertises de projets patrimoniaux en Grèce, Italie, Portugal, Roumanie, en Côte d'Ivoire, au Sénégal,… Pendant une année expert européen UNESCO pour le petit patrimoine rural. Je siège dans des organismes divers : Coréphae Midi-Pyrénées, Commission des sites, Commission des Carrières, Commission des objets mobiliers, Commission Fonds Denieul. (J'ai réussi à convaincre Paul Jardillier de créer un fonds d'aide aux étudiants travaillant sur un objet lotois…).

Quelques regrets. Je loupe à trois reprises une carrière universitaire tardive, avec d'abord Bernard Kayser puis Isac Chiva puis Daniel Fabre, sans compter les contacts assidus et encourageants avec Dan Sperber (au moment où il passe aux sciences cognitives), qui m'ont proposé des équivalences et des raccourcis pour mener un cursus universitaire. Ces quatre là, plus Henri-Pierre Jeudy, m' ont beaucoup appris.

Je refuse également d'être nommé Conservateur sur dossier avant que ne soient mis en place les Conservateurs du Patrimoine, malgré les pressions de Sallois, Directeur des Musées de France. On mesure bien là mon degré d'asocialité… Stupide ! Je regrette…

1991. L'année de ma cinquantaine. Il me faut de nouveaux défis ! Je me persuade que les moulins-bateaux forment une catégorie patrimoniale d'objets, de très grande taille, autrefois extensifs (Quercy haut et bas compris), qui ont totalement disparus ( 2 épaves en Roumanie). Je commence une étude, trouve les sous et un architecte naval/fluvial, Baudouin, conservateur du Musée de la batellerie de Conflans Ste Honorine, calcule et dessine pour sa part le mécanisme, embauche un charpentier de marine de la Loire. L'engin est construit à coté de la Chartreuse, à deux pas du Pont Valentré, suscitant railleries et sarcasmes. Il fonctionne 3 ou 4 ans et obtient une étoile au Guide Vert Michelin. À remarquer qu'il continue à rendre furieux le petit milieu des moulins : trop disparus, non emblématiques, les moulins-bateaux sont mal-aimés, le patrimoine vire vite … La disparition politique de Bernard Charles, alors maire de Cahors, qui avait un projet pour revaloriser cet espace historique, précipite sa ruine, puis sa mise au sec et enfin sa triste retraite à Alvignac pour la coque, à Gramat pour le mécanisme.

Parallèlement, le 5 novembre 1991, j'achève l'achat chez Me Faurie du château de Nougayrol. Je n'en partirai plus.

Cuzals, lui, continue tant bien que mal son chemin. Affaibli financièrement par la décentralisation, au bon vouloir des affaires culturelles de Toulouse, il devra rentrer dans le rang, revoir à la baisse ses « prétentions » novatrices, ou disparaître… J'ai à cœur de sauver l'ouvrage… Je négocie longuement, âprement, la cession des collections de Cuzals au Conseil Général en juin 2001. Paul JardillIer est alors mon principal interlocuteur. Je suis contraint de céder la présidence de l'association Musée de Cuzals en juin 2001, celle du CPIE en 2003.

Je suis décoré Chevalier des arts et lettres (sur dotation du Directeur des Musées de France, Sallois).

En 2001, la tour de Nougayrol est terminée, le 24 juillet je pose les premières ardoises. À la fin de l'année, la toiture en est à 40 % environ. Cette année là également voit l'aboutissement de mes recherches sur « L'histoire de Nougayrol ». Les cinq tomes sont finis et même reliés.
Je continue mon activité en tant que chargé de mission au CG-Lot de 2002 à 2010, dans le service Patrimoine et Tourisme.

Retraite au 1er janvier 2005, j'ai 64 ans. Retraite-régression… C'est aussi l'année de l'abandon des locaux de Quercy Recherche rue Donzelle. Le moulin-bateau est déménagé à Alvignac. Je brûle les bois du manège et détruis par le feu les archives de QR dont personne ne veut (sauf la photothèque qui sera acceptée en 2013 par les Archives du Lot, grâce à Dominique Saur).

En 2006, tous les aménagements intérieurs et extérieurs de la tour de Nougayrol sont terminés. J'entreprends diverses recherches historiques et confirme mon activité au Conseil scientifique du Parc naturel des causses du Quercy (président de 2008 à 2012). J'arrête la revue QR en 2008 (n° 131).

Je publie des « Contes et légendes du Quercy » en 2011 et un « Saint Namphaise » en 2013.

Je suis à ce jour ermite dans une tour médiévale du XIIIe siècle sur le causse de Gramat où je parle aux genettes et aux chauves-souris ; je travaille sur le bon saint Namphaise ou sur le Drac, je fais plus ou moins volontairement le vide autour de moi, en compagnie de Not puis de Nelle…

 

Jean-Luc Obereiner

Nougayrol, janvier 2011.


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Le 16 novembre 2015 / November 16th, 2015 - Actualisé le 1er janvier 2017 - 15 août 2017 / Updated on January 1st, 2017 - August 15th, 2017

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