L'ARCHITECTURE VERNACULAIRE

 

 

ISSN  2494-2413

TOME 44 - 45

2020 - 2021

Jean-Marc Caron

L'ART DES ROCAILLEURS. PREMIÈRE PARTIE : HISTOIRE

 

 

Introduction

J’avais évoqué, dans un précédent article consacré aux vieux enduits à la chaux en Dordogne (1), l’utilisation du ciment durant la seconde moitié du XIXe siècle et la première moitié du XXe siècle. Je citais la présence d’une croix dans le vieux cimetière de Saint-Pompon : « Visible dans l'ancien cimetière à la suite d’un débroussaillage, elle est certainement l'œuvre d'un maçon initié à la rocaille. La croix repose sur le sol et porte les prénoms de deux enfants d'une même famille, dont celui très lisible d'Armand Fauvel, nés en 1900 et décédés en 1904. Une autre rocaille, fracturée, existe également dans ce cimetière ».

Ces rocailles, qui sont souvent des imitations de bois (faux-bois), sont l'œuvre d’artisans-rocailleurs dont les techniques, liées à l'apparition de nouveaux matériaux, se sont développées au cours du XIXe siècle pour pratiquement disparaître après la Seconde Guerre mondiale. La période de production la plus intense semble s’échelonner sur une période de 70 ans, entre 1870 et 1940. Leur production a été, par la suite, souvent critiquée et rejetée avant de tomber dans un oubli quasi-total.

Quelques auteurs comme Michel Racine (cf. infra) ainsi que des initiatives locales ont permis aux rocailleurs de retrouver leurs lettres de noblesse. Cependant, si l’on considère qu’un seul département français, la Creuse, à Felletin, dispense une formation de rocailleurs lors de stages de cinq jours (cf. infra), c’est bien peu. La plupart des propriétaires sont fiers de leurs rocailles mais sont confrontés au manque d’informations sur le savoir-faire pour les entretenir et les conserver en bon état.

Dans la première partie du présent article, nous verrons, à travers une brève généalogie de la rocaille, que cet art excelle dans les parcs et les jardins des châteaux depuis le XVIe siècle, à travers, principalement, des représentations de grottes, de fontaines et de rochers. L’objet de la présente étude se concentre surtout sur la deuxième partie du XIXe siècle et la première moitié du XXe siècle. Nous découvrirons l’importance de l’arrivée de nouveaux matériaux qui ont permis l’invention de nouvelles techniques et libéré l’esprit créatif de certaines professions. Le seul lien, qui existe, sans doute, entre les rocailleurs du XVIe siècle et ceux de la première moitié du XXe siècle, tient dans la décoration de l’environnement en imitant des éléments naturels.

Dans une deuxième partie de l’article, je tenterai de témoigner de la présence des rocailleurs en Dordogne, victimes d’une sorte d’ostracisme, afin de sensibiliser l’opinion à cet art populaire en souhaitant que soient conduit des projets visant à la connaissance, la restauration et la protection des derniers témoins existants. J’ai joint quelques photographies de leurs productions, dans l’espoir que celles-ci soient enfin reconnues au même titre que les cabanes, fontaines, lavoirs, fours, etc. Qu’elles trouvent enfin leur place dans ce qu'on appelle « le patrimoine ».

Cependant, il serait vain de comprendre ces éléments de cette architecture décorative populaire, souvent qualifiée de « brute », sans en donner quelques clés historiques, économiques et sociales. Le faux-bois devient, au cours de la seconde moitié du XIXe siècle et la première moitié du XXe siècle, une des techniques décoratives les plus répandues, tant dans les parcs ou les jardins que dans la décoration de la maison d’habitation (façades, balustrades, escaliers, etc.). À travers les œuvres d’Élie Pineau, cimentier-rocailleur à Terrasson- Lavilledieu, à qui est consacrée la dernière partie de cet article, nous espérons remettre cet art à l'honneur.

 

PREMIÈRE PARTIE : HISTOIRE

1 - Les mal-aimés

« C’est moche », « je n’aime pas», « ce n’est pas beau», « ça ne me plaît pas», « c’est vieux», « c’est du ciment», « c’est gris », etc. Au bon goût d’aujourd’hui, ne correspond pas le bon goût d’autrefois. Ce qui était en vogue hier ne l’est plus aujourd’hui et ce qui l’est aujourd’hui ne le sera certainement plus demain. C’est ainsi. Devons-nous pour autant, à partir de critères basés sur des jugements de valeur esthétique, écarter tel ou tel style architectural ? Devons-nous, à ce point, distiller l’histoire, pour n’en retenir que les éléments qui flattent notre bon goût ? Sommes-nous à ce point si affirmatifs pour dire qu’une maison noble, un manoir, un château, valent bien plus qu’une façade ornée de la maison d’un rocailleur ? Ce que nous n’hésitons pas à qualifier de « vieux », « d’ancien », voire « de laid » concernant la rocaille, était historiquement durant plus d’un siècle, « moderne, « novateur », « pratique », « peu coûteux » et « esthétiquement beau ».

L’histoire d’un seul élément de rocaille ne peut être comprise qu’en plongeant au cœur de la vie de cette société d’ouvriers, d’artisans et parfois d’artistes qui ont imaginé une nouvelle façon « d’habiter ». Le ciment recouvrira en grande partie les murs des maisons, parfois, il remplacera les vieux enduits de chaux qui n’étaient plus de mode. On apportera un soin particulier aux soubassements des murs. Des faux moellons, modelés à « langue de chat », sont souvent représentés. Des dessins de fausses pierres de taille, quelquefois avec de la céramique, décorent le bas des murs. On y dessine aussi des frises. Beau ou pas beau ? On aime ou on n’aime pas ? Qu’importe, c’est ainsi. L’histoire ne doit pas en souffrir ni la rocaille se retrouver aux oubliettes des mal-aimés. Les rocailleurs ont existé, ils ont œuvré, il reste quelques traces fragiles de leurs passages, peu nombreuses et souvent en mauvais état. Il est vraiment urgent, avant qu’il ne soit trop tard, qu’un état des lieux soit réalisé, un inventaire qui permettrait de consigner les témoins de cette production ainsi que le savoir-faire des rocailleurs.

 

2 - Observations

 La plupart des éléments observés se situent pour l’instant, dans la partie méridionale de la Dordogne sous une ligne imaginaire reliant Bergerac à Montignac puis à Terrasson-Lavilledieu. Une investigation plus importante dans le département permettrait de mieux connaître la répartition géographique des ouvrages réalisés par des rocailleurs en Dordogne. La visite des cimetières est parfois très enrichissante, comme nous le verrons à travers des photos.

Habitant à quelques kilomètres du Lot, il était nécessaire que j’inclue dans cet exposé certains éléments relevés en Bouriane, dans le Lot. La limite, entre les deux départements, est administrative, mais les maçons frontaliers travaillaient indifféremment dans les deux départements. Cependant, la conduite d’un recensement nécessiterait un retour au découpage administratif.

 

3 - Du XVIe au XVIIIe siècle

La rocaille (2) (fig. 3) est utilisée, en France, principalement à partir du XVIe siècle. La Renaissance, grâce aux artistes italiens puis français, redécouvre les grottes de la Rome antique. Dédiées aux nymphes, ces rocailles, ces grottes artificielles sont des édifices sacrés (3).

Fig. 1 - Saint-Étienne-le-Molard (Loire), château de la Bâtie d'Urfé : salle des rocailles, aux ornements mythologiques réalisés avec des petits galets, des coquillages et des sables de couleur (époque : Renaissance). Source : carte postale moderne.

Aux XVIIe siècle et XVIIIe siècle, les grands jardins des châteaux s'embellissent de magnifiques rocailles, fausses grottes, fontaines et bassins, faux rochers sont partout présents.

Charles Berthier (4) est sans doute le plus célèbre rocailleur (celui qui travaille en rocaille (5), terme apparu au XVIIe siècle) de Louis XIV mais il y eut d’autres rocailleurs présents au château, Edmond Théroude, Philippe Quesnel, Jean Delaunay (6) et bien d’autres encore, qui exécuteront pour le Roi de nombreuses rocailles. En 1671, le 3 mars, nous retrouvons des versements effectués à Edmond Théroude et Philippe Quesnel, rocailleurs, « pour des rochers de rocaille qu’ils ont faits à Versailles et avoir fait voiturer lad. rocaille.». Le 26 mars et 17 juillet, à Edmond Théroude « pour fourniture et voitures de rocailles et pierres de meulière pour les fontaines de l’Estoille et de l’Amphithéâtre à Versailles.». Les 26 avril et 3 octobre, à Charles Berthier et Philippe Quesnel, rocailleurs, « pour les journées et payement d’autres ouvriers et rocailleurs, et fournitures de coquillages et rochers pour l’estoille, l’amphithéâtre et la montagne du petit parc de Versailles », le 26 mars, à « Charles Berthier, rocailleur, à compte des ouvrages de rocaille qu’il fait aux bosquets de Versailles. ». En 1678, Berthier, rocailleur, reçoit 2,400 livres pour « l’entretènement de toutes les rocailles et grottes de Versailles » (7). Notons que c’est Berthier qui exécute la montagne d’eau et ses décorations. D’autres noms reviennent comme Hardy et Pajot, tous deux sculpteurs et rocailleurs, qui travaillent à Versailles, mais aussi au château de Marly. Grottes, nappes de fontaine sont façonnées à Saint-Germain, Versailles, Meudon, et surtout Marly.(8).

Fig. 2 - Parc du château de Versailles (Yvelines), bosquet des Rocailles, salle du Bal : un tiers du pourtour de cette salle accueille une cascade en gradins de meulière et coquillages d'Afrique ; ensemble aménagé par Le Nôtre entre 1680 et 1683. © Christian Lassure.

La rocaille, sous le règne de Louis XIV, est liée directement à l’art des jardins, à l’ornementation, elle est un art d’appropriation de la nature, d’imitation, de trompe-l’œil. Les rocailleurs sont souvent des artistes, qui en ont quelquefois le titre ou mériteraient de le posséder, ils sont rocailleurs puis pour certains également peintres ou sculpteurs.

Fig. 3 - Définitions recueillies dans le Traité de l'orthographe françoise de Charles Leroy, 1792 (source Gallica).

 

4 - Au XIXe siècle

4.1 - L'industrialisation

L’industrialisation, l’arrivée de nouveaux matériaux, l’exode rural, l’accès à la propriété sont autant de facteurs qui vont bouleverser la vie sociale et économique durant le XIXe siècle.

Des travaux sont menés par Louis Joseph Vicat (9), qui publie en 1818 ses Recherches expérimentales sur les chaux de construction, les bétons et les mortiers ; ses premiers résultats vont asseoir la réputation scientifique de l'auteur. En 1824, il achève la construction du pont en maçonnerie de Souillac dans le Lot. Pour la première fois, une construction d’une telle ampleur, dont les piles sont immergées, est réalisée à l’aide de chaux hydraulique fabriquée dès 1817. Vicat est celui qui a posé les bases scientifiques des mortiers et des ciments. Ses travaux vont permettre la production industrielle de ces nouveaux matériaux. Pendant plus de quarante ans, il étudiera toutes les questions qui concernent les liants hydrauliques. Il publiera en 1856, un Traité pratique et théorique sur la composition des mortiers, ciments et leur emploi en toutes sortes de travaux (10).

Se basant sur les résultats des travaux de Vicat, Joseph Aspdin dépose un brevet (n° 5022), délivré le 15 décembre 1824, pour la fabrication d'un liant à base de chaux et d'argile, le « ciment Portland ». Il explique son invention en détail, mais déjà certains auteurs ne reconnaissent à Aspdin que le mérite d’avoir baptisé son ciment.

À l’occasion du centenaire de l’industrie du ciment, un ouvrage écrit par M.A.C. Davis est publié par la société Concrete Publication qui édite diverses revues techniques. L’auteur ne manque pas de formuler des réserves quant à la paternité de l’invention. Il reproduit le texte de plusieurs brevets, notamment Smeaton (1756), Higgins (1780), Parker (1796), Vicat, Treussart et Saint-Léger (1818), Frost (1822), Pasley (1826) et enfin I. C. Johnson (1845).

Dix ans avant Aspdin, Vicat avait produit une chaux hydraulique au moins égale à celle décrite par l’inventeur dans son brevet. Mais c’est à I. C. Johnson que l'on doit les premières descriptions assez précises du ciment Portland ; l’ingénieur trouve par hasard les propriétés qui lui manquaient et principalement l’hydraulicité. Il peut alors mettre au point la fabrication du ciment Portland. Les usines White qu’il dirige, produisent pratiquement aussitôt le ciment. Plus de 20 000 tonnes de ciment Portland sont employées aux travaux du port du Havre (11). On comprend pourquoi les cimenteries se sont surtout développées entre 1850 et 1860.

4.2 - Le ciment armé

Le ciment est une invention majeure qui va modifier le paysage architectural au XIXe siècle. Certains métiers vont devoir s’adapter à l'emploi de ce nouveau matériau, désormais associé à un treillage métallique pour former le « ciment armé », mais d’autres métiers vont naître. L’abandon progressif de la chaux pour le ciment pendant la seconde moitié du XIXe siècle va permettre aux artisans d’explorer de nouvelles perspectives. Non seulement le ciment devient l’élément principal des mortiers modernes utilisés dans la construction des bâtiments, mais ses avantages en font aussi le matériau le plus adapté dans la décoration des jardins privés et dans la fabrication du mobilier extérieur, tables, bancs, chaises, etc. Son temps de séchage est très rapide, il offre une très bonne résistance aux charges et aux intempéries, il est malléable et simple à mettre en œuvre. De plus, il est d’un coût abordable. Ce nouveau matériau, associé à un imaginaire débordant (figs. 4 et 5a, 5b et 5c) et au savoir-faire des artisans, va créer une architecture nouvelle, celle des « rocailleurs », architecture rustique et populaire par excellence et à laquelle la petite bourgeoisie de l’époque fera largement appel.

Fig. 4 - Gondrexange (Moselle) : villa en rocaille et faux-bois construite en 1900 par l'architecte Charles Masson, avec fausses pierres, faux arbres, faux stalactites. Elle a été détruite lors de la Première Guerre mondiale. © Jean-Marc Caron.

 

Fig. 5a - Fours (Nièvre) : pignon arrière de la « maison rustique » dépendant du château dans son état initial (couverture de chaume, petit lanternon en faux-bois coiffant la tour à l'avant). © Christian Lassure.

 

Fig. 5b - Fours (Nièvre) (et non pas Thaix, contrairemnt à ce qui est indiqué) : pignon-façade de la « maison rustique » après disparition du lanternon en haut de la tour. © Christian Lassure.

 

Fig. 5c - Fours (Nièvre) : pignon avant de « la maison rustique » dans son état final (couverture de tuiles mécaniques, petit toit en pavillon coiffant la tourelle du pignon-façade). © Jean-Marc Caron.

 

5 - Les rocailleurs

5.1 - L’histoire de l’art des rocailleurs de l'abbé Bouillet

En 1893, l’abbé Bouillet, membre de la Société française d’archéologie, à Caen, fait, à  la Société des beaux-arts, une communication importante, intitulée Contribution à l’histoire de l’art des rocailleurs (12) (fig. 6).

Fig. 6 - Journal officiel de la République française. Lois et décrets. L'art des Rocailleurs, 1892.

Dès la première page, l'auteur fait le constat que trois artistes « ont été sauvés par M. de Laborde de l’oubli dans lequel sont tombés la plupart de leurs semblables » (13). Il rappelle que cet art, dont l’Italie est le berceau, s’est répandu en France « et pour ainsi dire dans toute l’Europe ». Viennent ensuite une longue liste des artistes français et de leurs œuvres suivie d'une liste similaire pour les artistes italiens, lesquels ont droit à tous les éloges. Les créations auxquelles il fait référence, sont principalement des grottes artificielles pour lesquelles l’auteur reprend la définition de l’Encyclopédie de Diderot :
« Les grottes artificielles sont des bâtiments rustiques faits de la main des hommes, et qui imitent des grottes naturelles autant qu'on le juge à propos ; on les décore au-dehors d'architecture rustique ; on les orne en dedans de statues et de jets d'eau ; on y emploie les congélations, les pétrifications ; les marcassites, les cristaux, les améthystes, la nacre, le corail, l'écume de fer, et généralement toutes sortes de minéraux fossiles et de coquillages ; chaque nation porte ici son goût particulier; mais un des ouvrages les plus nobles et les plus achevés qu'il y ait eu en ce genre était la Grotte de Versailles, qui ne se voit plus qu'en estampe » (14).

5.2 - L'évolution de l’art des rocailleurs

Cet art, pratiqué par « l’élite » durant plusieurs siècles, va pouvoir s’exprimer différemment, évoluer, se modifier, trouver d’autres champs d’applications grâce à ceux qui auront à leur disposition de nouveaux outils, de nouveaux matériaux et bien sûr un contexte social et économique favorable. Ces nouvelles techniques, les artisans sauront les utiliser pour satisfaire les demandes de plus en plus importantes d’une clientèle issue de la petite bourgeoisie qui va réaliser son rêve de « campagne » mais aussi d’exotisme. Le désir de grandeur de ces nouveaux propriétaires s’exprimera surtout dans l’ornementation, le « paraître », cette « façon d’habiter » apportera aux pavillons qui se construisent autour des villes une décoration qui ne manquera pas d’imagination. La culture des couches populaires de la société, conjuguée à celle de cette nouvelle bourgeoisie, donnera naissance à un « art populaire et rustique » adapté à la modernité et à la mode de son l’époque, l'art des rocailleurs. Le développement rapide de l’urbanisation participera à l’élan créateur et débordant de cette seconde moitié du XIXe siècle. À l’inverse d’aujourd’hui, où la mode est à l’architecture « locale, de pays, traditionnelle, typique », dont on n’hésite pas d’ailleurs, à inventer certaines spécificités, l’architecture rustique des rocailleurs s’exprime assez librement et de manière souvent fantaisiste. Les contraintes de l’artisan sont celles éventuellement dictées par son client. Généralement, l’artisan propose ses modèles, d’après un catalogue des réalisations qu’il a lui-même déjà créées.

5.3 - Qui sont ces artisans ?

Souvent des maçons qui ont trouvé dans le mariage du ciment et du fer un nouveau moyen d’expression qui correspond à la demande de l’époque (fig. 7).

Fig. 7 - L'indicateur parisien, journal d'annonces, février 1870 (source Gallica).

Le maçon devient aussi cimentier, il va fabriquer des objets en ciment (armé ou non) – des réservoirs d’eau, des bacs d’arrosage, des lavoirs, etc. – , ce qui lui était impossible autrefois. Les paysagistes, les jardiniers, spécialistes des aménagements des parcs et jardins, sont de fait directement concernés par les nouvelles techniques. Ces artisans ont des appellations diverses, mais leurs prestations divergent aussi parfois : « rocailleur-cimentier, jardinier-rocailleur, maçon-rocailleur, cimentier ou cimenteur, rocheur, treillageur-rocailleur... » (fig. 8).

Fig. 8 - Extrait de l'Annuaire du bâtiment, travaux publics et arts industriels, 1903 (source Gallica).

Cependant, le métier de « rocailleur » est une profession bien reconnue et définie. Voici une définition issue du Manuel des patrons et ouvriers justiciables des conseils des prud’hommes du département de la Seine (1851), par P.-G. Toussaint : « ROCAILLEURS. - Ouvriers qui emploient des morceaux de meulière poreuse, de pétrifications et de coquillages, sur un crépi de mortier ou de ciment, pour orner des soubassements de murs, faire des grottes et autres travaux de décoration pour les jardins. Pour l’indemnité de voyage et les prix de journée, ils suivent les mêmes conditions que les maçons. L’ouvrier qui exécuterait des modèles de grottes, de fontaines ou de rochers, pourrait demander un prix plus élevé » (fig. 9). Il convient aussi d’ajouter à la brève énumération formulée plus haut et bien incomplète, les maîtres-artisans rocailleurs et les compagnons-rocailleurs.

Fig. 9 - Manuel des patrons et ouvriers justiciables des conseils des prud’hommes du département de la Seine, 1851.

Dans l’Almanach du commerce de Paris de 1813, la profession est déjà mentionnée en la personne de « Bonnamot, dit Lamarche, de maçonnerie rocailleuse, r. de la Vieille-Monnaie, 28 » (fig. 10).

Fig. 10 - Almanach du commerce de Paris, 1813 (source Gallica).

Dans les almanachs de 1833 et 1837, le nom de « Bonnamaux oncle, rocailleur, r. St-Lazare, 18 », apparaît. On constate que le neveu a changé d’adresse et que tous les deux sont rocailleurs (fig. 11).

Fig. 11 - Almanach du commerce de Paris, 1833 et 1837 (source Gallica).

En 1911, dans le Manuel des patrons et ouvriers, on trouve une note intéressante au sujet des salaires « chez les cimentiers de Paris » (fig.12).

Fig. 12 - Chez les cimentiers de Paris, 1911. L'Ouvrier (Union des chambres syndicales ouvrières des Bouches-du-Rhône et de la Bourse du travail 01-02-1911).

5.4 - L'apparition du « bois rustique »

Dans son traité Parcs et jardins paru en 1877 (15), le professeur Gressent explique aux lecteurs l’implantation des rochers dans un jardin et rend par la même occasion un vibrant hommage aux rocailleurs :
« La construction d'un rocher demande réflexion, en ce qu'elle entraîne souvent à une dépense assez, élevée. La première condition est d'avoir des pierres à sa portée ou à une petite distance. Quand il faut les faire venir de loin, le prix du rocher est incalculable. Lorsque les pierres se trouvent à une petite distance, il faut les grouper en rocher et construire en même temps des cavités pour les plantes qui doivent l'orner, ou y installer des conduits pour faire retomber l'eau en cascade. C'est l'affaire du rocailleur. N'essayez jamais de vous passer du rocailleur, quelque bon goût que vous ayez. La rocaille est un art dont il faut connaître tous les secrets et avoir la pratique pour arriver à quelque chose de bien. Tous nos rocailleurs sont artistes, je suis heureux de le constater. Chaque fois que j'ai eu besoin de leur concours, je n'ai eu qu'à leur indiquer l'emplacement et le caractère du rocher ou de la rocaille, et toujours l'exécution a été parfaite. Très souvent, les propriétaires n'hésitent pas à dépenser des sommes élevées pour des travaux qu'ils conduisent eux-mêmes, et je dirai même presque toujours bien au-dessus de la valeur des travaux accomplis, et reculent devant les honoraires d'un architecte ou d'un artiste, ayant l'expérience, ne faisant jamais fausse route, faisant exécuter vivement et économiquement les travaux. On croit économiser quelque cent francs et l'on fait des milliers de francs de travaux en pure perte. L'économie du rocailleur est une ruine ; elle se traduit, le plus souvent, par une dépense double, pour obtenir un tas de pierres à la place d'un rocher ».

Fig. 13 - Chatain (Creuse) : salle à manger rustique installée au sein d'un arbre ; le garde-fou de la salle est en faux-bois ainsi que les rambardes de l'escalier d'accès. © Christian Lassure.

Plus loin, on peut lire un détail intéressant :
« Rien de plus joli qu'un pont rustique. On en fait de toutes sortes, en bois rustique, et même en ciment imitant le bois rustique. Les rocailleurs ont fait de ravissantes créations dans ce genre. Ces ponts sont très solides, mais ils reviennent à une certaine somme » (voir exemple fig. 15).
La partie de phrase « et même en ciment imitant le bois rustique » interpelle, car il semble bien que la technique du « faux bois », celle-là même qui définit le plus l’œuvre des rocailleurs de nos jours, ne soit pas encore utilisée de manière très répandue avant 1880.

Fig. 14 - Dangu (Eure) : pont rustique enjambant hardiment une sente forestière encaissée. © Christian Lassure.

La lecture d’un autre article, paru dans Le panthéon de l’industrie en 1880, écrit par L. Brunéo, semble confirmer cette hypothèse. Il s’agit d’un reportage sur le travail d’un certain M.T. Richard, rocailleur dont les ateliers se situent au 46, boulevard Contrescarpe à Paris et qui dit ceci :
« Peut-être apprenons-nous en ce moment à quelques-uns de nos lecteurs, que telle volière en bois, tel kiosque en bois, tel pont ou tel chalet de bois, exécutés par M. Richard, sont simplement du ciment, tant est parfaite l'imitation de l'écorce dégradée, du bois dénudé par place, des couches ligneuses disposées concentriquement sur les parties sciées, etc. C'est du bois, du vrai bois pour les yeux, mais c'est du bois juste à l'état de dégradation qui en complète l'effet pittoresque, du bois qui ne craint ni le ravage des vers, ni les dégradations de la pluie, de la gelée ».
L’auteur de l’article semble révéler aux lecteurs l’existence de la technique du faux-bois à travers les exemples cités.

L’Avenir d’Arcachon, un journal local, en date du 21 avril 1895, parle du pavillon du bassin d’Arcachon dont « les rocailleurs construisent l’aquarium destiné à contenir les huîtres ».

Le Monde illustré du 29 juin 1878 précise que « tous les rocailleurs ont rivalisé de zèle et d’habileté pour orner le mieux possible les vastes jardins du Champs de Mars » en regrettant toutefois que ces grottes artificielles qui servent d’abri contre les « ardeurs tropicales du soleil d’été » ne « soient pas plus nombreuses ».

Fig. 15 - Yzeron (Rhône) : bel ouvrage qui allie la technique du faux-rocher dans le pont et le talus, et celle du faux-bois dans les rambardes de l’escalier et du pont. © Christian Lassure.

5.5 - Les différents aménagements et ouvrages en rocaille

Les jardins privés ne sont pas les seuls à bénéficier des avancées technologiques. Les aménagements urbains se développent considérablement au cours de la seconde moitié du XIXe siècle, les parcs et jardins publics se multiplient. Durant la décennie de 1860 à 1870, les décors en rocaille sont très prisés. Citons, entre autres, le parc des Buttes Chaumont (16) (fig. 16), sans doute le plus connu pour ses rocailles, aménagé entre 1864 et 1869 et ouvert au public en 1867 lors de l’exposition universelle. Des formations rocheuses (comme au bois de Boulogne, fig. 17), des terrasses, des passerelles, arbres et souches d’arbres, barrières, clôtures, tables, bancs, chaises, ornent la plupart des parcs et jardins.

Fig. 16 - Parc des Buttes Chaumont, Paris : passerelle aux rambardes en faux-bois menant à un belvédère érigé sur des rochers.  © Christian Lassure.

 

Fig. 17 - Cascade et grotte du bois de Boulogne, Paris : créée en 1856 à la demande de Napoléon III, elle a été construite à l'aide de rochers venant de la Forêt de Fontainebleau. © Christian Lassure.

Georges Lefèvre, conducteur des ponts et chaussées, chef de circonscription des services techniques municipaux de la ville de Paris, publie en 1897 un fascicule intitulé Plantations d’alignement, promenades, parcs et jardins publics. Le sixième paragraphe concerne les « rochers, cascades, lacs, rivières, bassins, etc. », dans lequel il souligne que « l’ouvrier rocailleur doit connaître son métier et avoir du goût. La surveillance portera surtout sur la tendance à l’emploi de gros cubes de matériaux, alors que, la plupart du temps, il suffit de plaquages peu épais de maçonnerie, les enduits de ciment donnant seuls à l’ouvrage l’effet cherché. D’ailleurs, il est bon, pour les divers ouvrages du rocailleur, d’établir, préalablement à l’exécution, un modèle réduit au 1/10e, par exemple, que l’on remet à l’ouvrier et auquel il doit strictement se conformer : on évite ainsi les mécomptes. Les outils du rocailleur sont à peu près ceux du maçon. Les pierres utilisées sont celles trouvées dans le pays, et les mortiers sont ceux de chaux, ou de ciment ; les parements sont faits en ciment. Les maçonneries et les enduits des rochers, des piédroits et des voûtes, des grottes, des cascades, lacs, rivières, bassins, etc., sont exécutés dans les conditions fixées pour les autres travaux de ce genre ; mais, quand il y aura lieu à parementer des murs en rocaille, des harpes nombreuses seront laissées pour que les parements ne soient pas de simples plaquages pouvant se détacher à tout moment. Les stalactites se construisent, au moyen de formes en fil de fer suspendues par des tiges de fer scellées dans les voûtes des grottes, et dans lesquelles on injecte du ciment liquide ; on obtient avec plusieurs couches de ciment un bloc homogène. Les stalagmites sont construites en maçonnerie et parementées avec du ciment liquide ».

5.6 - Géographie de la rocaille

La rocaille est souvent liée au développement de l’urbanisation des grandes villes, mais on trouve aussi des rocailles en périphérie des villes de moyenne ou de petite importance, dans des petits villages et parfois en milieu rural assez isolé. Si les modes naissent souvent dans les grandes villes, elles se répandent rapidement sur tout le territoire. Il existe des mouvements importants de population au XIXe siècle et pas uniquement de la campagne vers les grandes villes. L’influence des artistes italiens venus dans le sud-est de la France est considérable, sur 200 constructions recensées par Michel Racine (17), la moitié se situent à Marseille et dans ses environs.

Il est intéressant de noter que l'art de la rocaille était inconnu de certaines régions de France comme la Normandie. Celle-ci connaîtra cependant une véritable « mode des rocailles » grâce à des immigrants italiens venus au début du XXe siècle et qui possédaient une maîtrise des techniques de pointe liées au ciment armé. Cette vogue de la rocaille s’est surtout répandue durant l’entre-deux-guerres. Les Italiens, désireux de prospérer, de faire connaître leur travail, utilisaient la rocaille comme vitrine de leur savoir-faire et petit complément d’une activité plus importante (18).

5.7 - Les expositions

Les expositions, sont très prisées des rocailleurs qui ne manquent pas de s'y faire remarquer, par exemple, en juin 1907, une exposition horticole avait été organisée par la ville de Lyon à l'occasion du concours national : prix d'honneur des sections : 1ère section (art des jardins). M. Favrier, rocailleur à Lyon.

On apprend dans le Bulletin municipal de la ville de Paris, daté du 12 janvier 1886, qu’un certain M. Billard, paysagiste-rocailleur, admis à l’exposition internationale ouvrier, a demandé une subvention.

Le 29 août 1880, à l'occasion d'une exposition d’horticulture et d’agriculture qui se tient à Vincennes, P. F. Castel termine son article en écrivant « cultivateurs, artistes, rocailleurs, amateurs et paysagistes, seront largement dédommagés de leurs voyages » (fig. 18).

Fig. 18 - Exposition d'horticulture de Vincennes, 1880 (source Gallica).

Le journal L’Abeille en date du 5 mai 1877 parle de l’exposition d’Angers qui se prépare et cite le travail des « rocailleurs » qui « ont fait merveille » au palais de justice qu’ils ont décoré « et une rivière-miniature répand déjà la fraîcheur dans le ravissant jardin qu’elle arrose ».

Des rocailleurs sont membres de sociétés d’horticulture, comme M. Dominique Manfredi, cimenteur-rocailleur, admis le 7 juillet 1907 à la Société centrale d’horticulture de Nancy, ou encore M. F. Tatoux, rocailleur, rue Nationale, Lille, qui apparaît dans la liste des membres du cercle horticole de Roubaix en février 1895.

En 1903, a lieu une exposition de jardins à Limoges, il est souligné que « tous les travaux de rochers sont dus à M. Bellandou de Nice, un de nos rares artistes rocailleurs qui sachent imiter la nature dans leurs diverses créations ».

La Société d’horticulture de France compte parmi ses membres un rocailleur qui deviendra très célèbre, Joseph Monier. Né le 8 novembre 1823 à Saint-Quentin-la-Poterie dans le Gard, il apprend le métier de jardinier. Il s’installe en 1863 à Paris où il crée deux ateliers de rocailleur. Il devient membre de la Société d’horticulture de France le 24 mai 1866. Il soumettra aussitôt, à la critique de la Société, un « rocher » construit l’année précédente, mais le rapport de celle-ci sera très négatif. En 1867, le 16 juillet, Monier prend un brevet d’invention « pour un système de caisses et bassins mobiles en fer et ciment, applicables à l’horticulture » (19.). Les Allemands, qui ont connu le ciment armé par Monier, lui en ont attribué l’invention et, dans leur langue, « ciment armé » se traduit par Monier : Monierkonstruktion, Monier-Baute, Monier-Brucke, etc. Monier mourut à Paris le 13 mars 1906.

Fig. 19 - Le Monde illustré du 29-06-1878.

 

Fig. 20 - Exposition universelle de 1900 à Paris : maison en rocaille. © Jean-Marc Caron.

5.8 - La rocaille et l’art religieux

Le travail des rocailleurs ne s’arrête pas à la décoration de l’architecture privée que nous avons évoquée au travers de la progression des constructions pavillonnaires ou du domaine public avec les parcs et jardins, les zoos et tout ce qui concerne l’aménagement urbain. La rocaille va être aussi très appréciée par les gens d’église. Les fausses grottes dédiées à la Vierge ou à Notre Dame de Lourdes (fig. 21) sont construites régulièrement, ainsi celle de la paroisse de Saint-Rémy-du-Plain à Bazouges dans l’Ile-et-Vilaine qui, ayant acquis un terrain, s’occupait de « trouver des rocailleurs, ouvriers ayant l’habitude de ces travaux d’un genre spécial... ». La guerre frappant le pays, ce projet ne vit le jour que quelques années plus tard. Le 29 septembre 1894, La Semaine du diocèse de Rouen raconte dans son bulletin hebdomadaire, que « la dévotion à N.D. de Lourdes était favorisée exceptionnellement par l’érection récente d’une superbe grotte, vrai chef d’œuvre de l’art du rocailleur dans la belle cour d’entrée du monastère ».

Fig. 21 - Jeumont (Nord) : fausse grotte. © Christian Lassure.

La rocaille est très souvent présente dans les cimetières. Des croix en faux-bois sont dressées. Des caveaux en fausses pierres sont construits où parfois coexistent les imitations de moellons et de bois mélangées. Quant aux cimetières, le 11 mai 1901, dans L’Express du midi, le Conseil municipal de Marseille est très fortement critiqué. Ce conseil vient de créer « une nouvelle matière imposable », les cimetières seraient assujettis « au droit des étalages des magasins » et après un réquisitoire assez violent à l’encontre des conseillers, l’auteur (inconnu) termine par cette remarque intéressante : « Et au même coup ils priveront de leur gagne-pain une catégorie nombreuse de travailleurs, jardiniers, rocailleurs, etc., qui vivent exclusivement de cette industrie ». Ce qui démontre bien que la présence de la rocaille dans les cimetières n’est pas qu’un fait passager ou isolé.

5.9 - Le savoir-faire

La transmission du métier de rocaille se faisait souvent de l’artisan directement à l’ouvrier qui, souvent très jeune, apprenait le métier sur le tas. En 1913, le comité département de l’enseignement technique de la Seine a décidé la création de onze comités spéciaux d’enseignement technique correspondant à plusieurs groupes de professions. Le deuxième groupe, celui des bâtiments et travaux publics prévoit entre autre une formation de « cimentiers, rocailleurs ».

En 1933, suivant un décret du 13 septembre, il est créé à Paris une chambre des métiers dont la circonscription s’étendra au département de la Seine. La répartition des métiers représentés et le nombre des artisans-maîtres et des artisans-compagnons sont fixés, par catégorie. Les rocailleurs appartiennent à la sixième catégorie, le nombre d’artisans-maîtres est fixé à quatre, celui d’artisans-compagnons à deux.

L’industrialisation du ciment et les nouveaux progrès (décors en ciment moulé), l’invention de la machine à projeter le béton en 1907 par l’inventeur américain Carl Akeley (notons pour l’exemple la construction du rocher de Vincennes en 1934), mais surtout les changements de mode, de style, vont contribuer à la disparition progressive de cette spécialisation.

J’ai recueilli un témoignage au sujet d’une rocaille de balcon dont la date serait de 1956, ce qui est assez tardif. La rocaille la plus récente que j’ai vue, pendant un séjour en Lozère, est située à Florac et porte le millésime de « 27-7-62 » (figs.22a et 22b).

Fig. 22a - Florac (Lozère) : façade qui met en scène la bête du Gévaudan. © Jean-Marc Caron.

 

Fig. 22b - Florac (Lozère) : Détail du millésime 27.7.62. © Jean-Marc Caron.

 

6 - Les cartes postales anciennes

Les cartes postales anciennes présentent des œuvres de rocailleurs dont la richesse des décors révèle une grande maîtrise. Les ouvrages, tels que des maisons d’habitation, nécessitent la présence de plusieurs rocailleurs, mais aussi d’apprentis. À titre d’exemple, la maison de Jeumont, qui existe toujours, est tout à fait remarquable (figs. 23a et 23b).

Fig. 23a - Jeumont (Nord), lieudit Queyetier : le château Démas, maison en rocaille et faux-bois. © Jean-Marc Caron.

 

Fig. 23b - Jeumont (Nord), lieudit Que-Wet : la façade habillée en faux-bois du même château (ici orthographié Demat). © Christian Lassure.

 

NOTES

(1) Jean-Marc Caron, Derniers témoins d'enduits à la chaux à Saint-Cybranet (Dordogne), dans Hommage à Michel Rouvière (dir. Christian Lassure), L'architecture vernaculaire, tome 38-39 (2014-2015), http://www.pierreseche.com/AV_2014_caron.htm, 24 septembre 2014

(2) « Cailloux, coquillages qui ornent une grotte, une voûte, une salle ». Dictionnaire universel de la langue française, rédigé d'après le Dictionnaire de l'Académie, et ceux de Laveaux, Gattel, Boiste, Mayeux, Wailly, Cormon, etc. Tome 2 / par Ch. Nodier et V. Verger. Ed. 1835. Le Nouveau dictionnaire illustré, édition de 1905, donne la même définition.

(3) Michel Racine, Architecture rustique des rocailles, éditions du Moniteur, 1981.

(4) Rocailleur en titre dès 1672 qui reçoit 2 000 livres puis 2 400. Drouard, rocailleur, remplacera Berthier en 1685. (Comptes des bâtiments du Roi), Bulletin du Muséum d'histoire naturelle, 17-02-1903.

(5) Dictionnaire universel de la langue française, rédigé d'après le Dictionnaire de l'Académie, et ceux de Laveaux, Gattel, Boiste, Mayeux, Wailly, Cormon, etc. Tome 2 / par Ch. Nodier et V. Verger. Ed. 1835. Le Nouveau dictionnaire illustré, édition de 1905, donne la même définition.

(6) Mort à Paris le 14 septembre 1668 et inhumé le même jour dans l’église Saint-Roch, il portait le titre « d'ingénieur et de rocailleur ordinaire du Roy ».

(7) Comptes des bâtiments du Roi sous le règne de Louis XIV. Tome premier, Colbert, 1664-1680 / publ. par M. Jules Guiffrey... , 1881-1901.

(8) Bulletin du Muséum d'histoire naturelle, 17-02-1903.

(9) Né le 31 mars 1786 à Nevers et mort le 10 avril 1861 à Grenoble, il étudie à l’École polytechnique puis à l’École des ponts et chaussées.

(10) Traité pratique et théorique de la composition des mortiers, ciments et gangues à pouzzolanes et de leur emploi dans toutes sortes de travaux.

(11) Le Génie civil : revue générale des industries françaises et étrangères, édition 1924-10-25.

(12) Réunion de la Société des beaux-arts des départements, salle de l’Hémicycle, à l’école nationale des beaux-arts, du 4 au 8 avril 1893, dix-septième session.

(13) « Ils se nommaient Jean le Roux, dit Picart, Dominique Florentin et Rogier Rogier. Voici, au surplus, les pièces qui nous ont conservé leurs noms... ».

(15) Parcs et jardins. Traité complet de la création des parcs et jardins, par Gressent professeur d’arboriculture et d’horticulture, 1877, p. 376.

(16) « Le légendaire gibet ayant disparu en 1789, les Buttes-Chaumont devinrent alors le réceptacle des immondices de Paris et le dépotoir des vidanges. Les carrières abandonnées servirent de retraite aux malfaiteurs. Le peu de sécurité du lieu, joint aux émanations putrescibles qui s'en dégageaient, éloignèrent forcément les habitants et furent un obstacle à l'extension de la ville de ce côté...», Jardins et parcs publics par Eugène Deny, architecte-paysagiste, officier du Mérite agricole, président du comité de l'art des jardins à la Société nationale d'horticulture de France, Paris, imprimerie Alcan-Lévy, 1893.

(17) Michel Racine, Architecture rustique des rocailleurs, éditions du Moniteur, 1981.

(18) L'émigration–immigration italienne et les métiers du bâtiment en France et en Normandie, Actes du colloque de Caen (24-26 novembre 2000), Cahier des Annales de Normandie, n° 31, 2001, en particulier chapitre IV, L'immigration italienne du bâtiment en Normandie.

(19) Notons qu’un brevet identique fut délivré douze ans auparavant, le 30 janvier 1855, à Joseph-Louis Lambot né le 22 mai 1814 mais que ce brevet avait été annulé faute de n’avoir pas été exploité pendant deux années consécutives suivant la loi du 5 juillet 1844.


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© CERAV, Paris

Référence à citer / To be referenced as :

Jean-Marc Caron

L'art des rocailleurs. Première partie : histoire (The art of rock decoration. Part 1: A history)

L'Architecture vernaculaire (en ligne), tome 44-45 (2020-2021)

http://www.pierreseche.com/AV_2020_caron.htm

29 novembre 2020

L'auteur :

Jean-Marc Caron est l’auteur des recensements des constructions à pierre sèche de la commune de Daglan en Dordogne puis de l’ensemble du territoire du canton de Domme entre 1990 et 1995.
En février 1993, il crée la Maison de la Pierre Sèche de Daglan en partenariat avec le C.A.U.E. de la Dordogne, le Conseil Régional d’Aquitaine et la Mairie de Daglan. Il quitte la Maison de la Pierre Sèche en avril 1995.
Sa passion pour la photographie lui permet d’exposer des clichés d’une ruralité en pleine mutation.
 

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